Tracteurs sur la N25: communes et monde agricole satisfaits de la décision de Valérie De Bue

Les tracteurs pourront bien continuer à circuler sur la N25 en 2020.
Les tracteurs pourront bien continuer à circuler sur la N25 en 2020. - © RTBF

La Fédération Wallonne de l'Agriculture salue la décision de la ministre Valérie de Bue (MR) qui a officiellement annoncé le retrait de l'arrêté interdisant à partir de janvier prochain la circulation des véhicules lents sur la RN 25. Elle s'engage aussi à participer à la construction d'une politique de signalisation renforcée des tracteurs, afin d'assurer la sécurité de tous les usagers.

La FWA a toujours exprimé son opposition au projet d'interdiction de circuler pour les véhicules lents, indique-t-elle dans un communiqué. La Fédération a, à plusieurs reprises, organisé des opérations de sensibilisation auprès des responsables politiques concernés, ainsi que des usagers de cette route fréquentée par les agriculteurs brabançons: distribution de pommes de terre, opération "Vis ma vie sur la RN 25" servant à montrer la dangerosité des itinéraires alternatifs, ... etc.

"Cet été, après avoir posé un ultimatum au ministre Di Antonio, et face à son refus d'entendre nos arguments, la FWA a introduit un recours en annulation auprès du Conseil d'Etat", retrace la Fédération.

La semaine dernière encore, une délégation de la FWA a demandé à rencontrer la ministre Valérie De Bue "afin de lui expliquer pourquoi la suppression de l'autorisation de circuler sur la RN 25 est une véritable catastrophe pour les agriculteurs de la région (absence d'itinéraire alternatif sûr et adapté au charroi agricole, surtout) et consiste plus en un déplacement du risque (...) qu'en sa réduction", poursuit-elle.

Un argumentaire qui a visiblement convaincu la ministre De Bue puisqu'elle a annoncé lundi matin le retrait de l'arrêté de son prédécesseur Carlo Di Antonio prévoyant l'interdiction à partir de janvier prochain des convois agricoles et autres véhicules lents sur la nationale 25. Les tracteurs pourront donc continuer à circuler sur cet axe qui s'étire de Louvain (Brabant flamand) à Nivelles (Brabant wallon).

La Fédération Wallonne de l'Agriculture, au-delà de la satisfaction que lui apporte cette décision, rappelle qu'elle s'est engagée à participer "pleinement" à la construction d'une politique de sécurité renforcée sur la RN25. "Nous encouragerons les agriculteurs concernés à s'équiper au mieux pour assurer la meilleure visibilité possible à leurs véhicules empruntant cette route", précise-t-elle.

Par ailleurs, L'Agence wallonne pour la Sécurité routière (AWSR) signale qu'elle a pris connaissance avec satisfaction de la décision de la ministre De Bue d'installer un radar tronçon sur la N25. "Un tel radar devrait constituer une solution crédible et efficace en vue de diminuer le nombre d'accidents sur cet axe".

L'AWSR ajoute qu'elle considère "particulièrement important" d'adresser des messages de sensibilisation à destination des agriculteurs. "Ces messages visent d'abord à leur conseiller d'éviter tant que possible d'utiliser cette route nationale si d'autres alternatives sont possibles sans contraintes majeures. Il faut également inciter les agriculteurs à une signalisation adéquate et fonctionnelle des engins agricoles - feux oranges visibles de tous côtés, feux arrière fonctionnels et suffisamment visibles,... afin de permettre aux autres usagers d'identifier le plus rapidement possible la présence de ces engins sur la nationale, et sur l'ensemble des voiries empruntées", ponctue-t-elle.

"On revient enfin à la réalité" ; une décision "raisonnable"

La décision de Valérie De Bue va dans le sens prôné depuis des semaines par les acteurs de terrain en Brabant wallon. Les bourgmestres les plus concernés, à Nivelles, Genappe ou encore Court-Saint-Etienne, avaient critiqué cet arrêté et la fédération MR du Brabant wallon avait appelé au maintien des tracteurs sur la quatre-bandes. Le PS, lui, avait proposé une motion allant également dans ce sens et qui avait été votée à l'unanimité dans plusieurs conseils communaux, y compris par des élus locaux cdH.

"Cette décision est une excellente nouvelle pour nos agriculteurs et pour nos communes : on revient enfin à la réalité ! La ministre a bien fait de casser la décision, elle rejoint la position que les bourgmestres défendent depuis des mois. Il faut laisser les tracteurs sur la RN25 mais pas sans contrôler la vitesse, et sans doute la limiter à certains endroits. Une telle limitation ne pénalisera pas les automobilistes. Au contraire, elle améliorera leur sécurité", indique le bourgmestre de Genappe, Gérard Couronné.

Le bourgmestre de Genappe rappelle aussi que lorsque la RN25 a été créée, des garanties avaient été données aux agriculteurs dont elle traversait les terres. Il avait été convenu qu'ils pourraient emprunter ce nouvel axe, et la décision prise par le ministre Carlo Di Antonio ne respectait pas les promesses faites à l'époque.

Du côté de la province du Brabant wallon, qui s'était également penchée sur la sécurisation de la RN25, le président du collège provincial Mathieu Michel qualifie de "raisonnable" la décision prise par la ministre De Bue.

"Il est important à présent de réaliser une véritable analyse pour sécuriser cette voirie, sans uniquement se focaliser sur les tracteurs - je pense que cela représente 5% des accidents sur la RN25 - mais en prenant la problématique dans sa globalité. C'était la demande des communes et du monde agricole, donc je suis satisfait de la décision de la ministre De Bue", confirme Mathieu Michel.

Archives : Journal télévisé 12/08/2019

Cet été, les agriculteurs ont bloqué la N25 pour protester contre le décret qui prévoyait d'interdire, dès janvier prochain, la circulation des véhicules lents sur cette nationale.

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