Tracteurs interdits sur la N25: "Nous obliger à passer par les villages serait de la folie"

Le ministre wallon Carlo Di Antonio (cdH) compte interdire la circulation des tracteurs sur la N25. La cohabitation entre les engins agricoles et les voitures a déjà causé plusieurs accidents graves ces dernières années.

"Une trop grande différence de vitesse"

Des voitures qui roulent à 120 km/h et des tracteurs qui lambinent à 20 ou 30 km/h, la N25 est "accidentogène", comme on dit le jargon de la sécurité routière. Et Benoit Godart, le porte-parole de Vias, estime que c'est un non-sens : "C’est clair que lorsqu’on analyse les statistiques d’accidents de la nationale, on voit ces dernières années qu’il y a beaucoup plus d’accidents. C’est carrément doublé ! Purement en termes de sécurité routière, avoir de telles différences de vitesse, ça ne va pas !"

"Nous faire traverser les villages, c’est aussi dangereux !"

Les agriculteurs du coin ne sont absolument pas de cet avis. Une interdiction de circuler sur la N25 obligerait les machines agricoles à emprunter des plus petites routes, de traverser les villages. Une très mauvaise idée, selon Pierre Vroman, cultivateur à Genappe.

"Les gabarits des tracteurs et le matériel ont fortement grandi au fil des années. Il y a aussi des écoles et des magasins dans les villages. Et on prévoit la construction de centaines de logements supplémentaires : 500 à 600 à Court-Saint-Etienne, 300 à Genappe… Ce serait de la folie de nous obliger à traverser tout ça !"

La Fédération wallonne de l'Agriculture s'insurge contre ce projet d'interdiction de circuler sur la N25. Le 3 mai prochain, pour sensibiliser les automobilistes, le syndicat agricole compte organiser une distribution de... pommes de terre au bord de la route.

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