Tracing : des employés des call centers se plaignent de ne pas avoir grand-chose à faire

Que se passe-t-il dans les centres d’appel mis en place pour le contact tracing ? Pas grand-chose à en croire des personnes qui y sont employées. Le suivi des contacts a été créé pour ralentir la propagation du covid-19.

En Wallonie, c’est l’AViQ, l’Agence wallonne pour une vie de qualité, qui supervise la mission des call centers. Près de 450 personnes ont été recrutées pour y travailler. Mais certaines s’interrogent sur leur utilité, tant leur travail se résume actuellement à peu de choses.

Deux appels par jour

Nos deux témoins travaillent dans un call center de suivi de contacts. Leurs témoignages parlent d'eux-mêmes. "On a en moyenne un appel le matin et un appel l’après-midi. Puis le reste du temps, on ne fait rien. Pour le moment, je n’ai pas l’impression d’aider qui que ce soit. Dans un premier temps, on nous a expliqué que c’était parce que c’est normalement un système qui doit mettre trois à six mois à se faire. Ici, on a eu plus ou moins une semaine. Ensuite, on nous a dit qu’il y avait un problème d’informatique. Qu’il n’y a peut-être pas assez de tests qui sont faits. Enfin, de multiples raisons. Et depuis quelques jours, on nous dit qu’en fait si on est là, c’est pour être prêts pour la deuxième vague." Le personnel commence à craindre des pertes d’emplois.

Un dispositif conçu en fonction des prévisions

Alice Baudine, l’administratrice générale de l’AViQ, explique que le dispositif a été dimensionné en fonction des prévisions des scientifiques. " Les experts scientifiques nous avaient demandé d’être full opérationnels à partir du 18 mai pour un éventuel rebond dont on ne connaît pas l’ampleur. Les calculs ont été réalisés sur la base d’une moyenne de 450 cas par jour. Donc l’objectif c’est de pouvoir répondre pour le moment où on risque d’entrer dans cette phase d’épidémie. Comme on est encore en phase de déconfinement, les chiffres sont encore relativement bas pour l’instant mais les semaines à venir sont des semaines dangereuses. Les personnes qui font le tracing, c’est un peu comme les pompiers, ils attendent mais, quand il y a le feu, on espère qu’ils arrivent rapidement. Si l’épidémie reprend, on doit avoir un call center qui est full efficace. Si le déconfinement ne provoque pas un nombre de cas important, c’est sûr qu’on va devoir adapter le nombre de personnes. ".

Mais pas question, on l’aura compris, de le réduire trop vite.