Toutânkhamon est en gare de Liège

L’exposition "Toutankhamon, à la découverte du pharaon oublié", a ouvert ses portes ce samedi à Liège, à la gare des Guillemins ; une exposition consacrée au pharaon, fils d’Akhenaton, mort à l’âge de 18 ans, mais aussi à Howard Carter, l’homme qui a découvert son tombeau, le 4 novembre 1922.

 

Des pièces originales, des décors et des reproductions

Vous n’y verrez pas, comme à Paris, au Caire ou actuellement à Londres, l’original du sarcophage et ses 110 kilos d’or.

L’exposition liégeoise alterne les pièces originales, en provenance de nombreux musées européens, et les copies majestueuses (dont certaines réalisées dans les ateliers du musée du Caire), ainsi que des décors recomposés. Une démarche pédagogique qu’assume totalement l’égyptologue et commissaire scientifique de l’exposition, Dimitri Laboury : "la majorité sont des pièces originales du siècle de Toutânkhamon ; mais nous avons décidé d’utiliser des copies, parce qu’elles permettent un autre type de discours ; elles permettent de mettre le visiteur en immersion, et donc de toucher un public plus large que le public qui va juste voir l’objet dans sa vitrine, dans un musée. Et elles permettent aussi de désacraliser l’objet, on peut le mettre en scène, pour par exemple, montrer la tombe telle que Carter l’a vue, ce que l’on ne peut pas faire avec les originaux qui sont des objets extrêmement précieux, qui méritent tous les égards de conservation."

Dans les pas d’Howard Carter

L’exposition propose de se replacer dans les traces d’Howard Carter et celles de son parcours d’archéologue, son association avec le mécène, Lord Carnarvon, lui aussi passionné par l’Egypte. De petits objets témoignent à la fois du flair de Carter et de la pugnacité de l’archéologue. Un petit vase bleu, "que l’on dirait aujourd’hui tombé du camion, plaisante Dimitri Laboury ; il est important car c’est le vase qui fait comprendre à Howard Carter que la tombe de Toutânkhamon se trouve dans la vallée des rois. Et la plupart de ses collègues ne croient pas à sa théorie. Lui est le seul à se dire : ça, c’est un indice de la présence de la tombe. C’est aussi intéressant de mettre cet objet parce que c’est un objet anodin, sauf qu’il porte le nom de Toutânkhamon… Et ça montre aussi comment travaillait Howard Carter, mais aussi comment travaille l’archéologue aujourd’hui. On essaie d’exploiter le moindre indice. Et parfois un tout petit objet, un tout petit indice, peut vous faire prendre la route d’une grande découverte.

L’égyptologie, une histoire belge et royale

L’exposition liégeoise est aussi l’occasion de découvrir l’expertise de la Belgique en matière d’égyptologie, notamment via la collection de documents rassemblée par l’historien et directeur scientifique du Fonds Capart, Jean-Michel Bruffaerts. 

"L’égyptologie est quelque chose de particulier en Belgique et on le doit à Jean Capart, explique Dimitri Laboury, il est le père fondateur de l’égyptologie belge". Il était aussi professeur à l’université de liège, conservateur du Musée du Cinquantenaire. "C’est un précurseur, ajoute Jean-Michel Bruffaerts, c’est lui qui a créé la première chaire d’égyptologie belge, c’est lui qui a développé considérablement la collection égyptienne du Cinquantenaire, c'était un grand scientifique mais aussi un grand vulgarisateur".

En 1923, lors de l’inauguration de la tombe du pharaon, Jean Capart est aux côtés de Howard Carter. Et il est accompagné de la Reine Elizabeth. Passionnée par l’Egypte, l’épouse d’Albert 1er a absolument tenu à être sur place.

Le Palais royal a prêté de nombreux documents pour l’exposition, notamment les albums photos privés de la Reine. "Un prêt exceptionnel, explique Jean-Michel Bruffaerts, c’est la première fois qu’on expose ces albums. La Reine était passionnée de photographie, ainsi que son fils, le Prince Léopold. Ils ont pris énormément de photos de la tombe, du vidage de la tombe, des personnalités présentes, de la cérémonie d’ouverture. Et comme tout le monde, ils ont fait des albums ; et aujourd’hui, on garde un témoignage extraordinaire de ce jour-là."

 

L’exposition "Toutankhamon, à la découverte du pharaon oublié" est visible à la gare des Guillemins jusqu’au 31 mai

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