Tournai: une sirène, en chair et en os, à la piscine de l'Orient

Stéphanie Dussart
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Stéphanie Dussart - © Charlotte Legrand

Stéphanie Dussart réalise son rêve de petite fille. Habillée en sirène, elle s'entraîne plusieurs fois par semaine à la piscine de Tournai. La jeune femme est loin d'être la seule à pratiquer cette activité. Le "mermaiding" existe depuis près de 10 ans aux Etats-Unis, et compte de nombreux fans.

"Depuis toute petite je suis fan d’Ariel la Petite Sirène". Le dessin animé des Studios Disney sort en 1989. Stéphanie Dussart est âgée de quelques mois à peine, et on peut parler de coup de foudre. "Cette passion pour les sirènes ne m’a jamais quittée, hé oui". Pendant des années, la Tournaisienne a le regard tourné vers les Etats-Unis, où le mermaiding est une discipline reconnue. "Un peu comme la Zumba finalement, vous avez des instructeurs, des lignes de vêtements qui se développent. Il est très facile de suivre des formations, de trouver des accessoires. Il y a même un parc d'attraction sur le thème des sirènes, avec de gigantesques aquariums dans lesquels les sirènes restent toute la journée, elles respirent grâce à de l'air amené du sol, par tuyau...Le mermaiding a même fait naître des métiers! "

Il y a quelques mois, la jeune femme de 29 ans participe à un stage à Marseille. "Avec Julia Sardella, ancienne championne de nage synchronisée. C'était vraiment chouette. A l’issue du stage je suis venue à Tournai, à la piscine, en demandant si je pouvais continuer de l’exercer. Et on m’a dit oui

La piscine a tenu à organiser les choses, pour éviter que Stéphanie s'entraîne en pleine "heure de pointe". "C'est une pratique sportive avant tout, une nage en mono palme", explique Jawad Lawrizi, responsable à la Ville de Tournai. "Tant que c’est possible on lui réserve son propre couloir, pour des raisons de sécurité. Sa sécurité à elle, et la sécurité des autres nageurs: recevoir un coup de nageoire sur la tête ce n’est pas très agréable...!" 

Stéphanie enfile son équipement au bord du bassin. "Il faut donc une mono palme. Au-dessus on retrouver une partie de tissu qui couvre les jambes jusqu’à la taille et ça donne cette impression de queue de sirène".

"La nage de sirène. ça peut prêter à sourire mais c’est très physique. Contrairement à la nage traditionnelle, il faut réaliser un mouvement d’ondulation : tout se passe dans la propulsion, au niveau des jambes. Ca fait vraiment travailler les fessiers, les cuisses, et les abdominaux également. Les bénéfices qu'on en retire sont comparables à ceux d'un cours de Pilates. Ca muscle, tout en douceur"

Stéphanie pratique d'autres sports, la boxe française, le jogging. Elle vient à la piscine plusieurs fois par semaine, "autant que possible,en fonction aussi de mes horaires de travail". Que fait-elle dans la vie? On l'imagine dans un secteur créatif, ou sportif..."Hé bien non. Je travaille...à l'Etat. Rien à voir!", répond-elle en riant.

Quels sont ses projets? "J'aimerais aller dans un festival de sirènes. Il en existe en France, par exemple. Je croiserai certainement des fans beaucoup plus fous que moi...!" Stéphanie a également des propositions de shootings photo, qui devraient l'amener à poser, en costume, en bordure de lac ou à la plage. "Et bien sûr, il y a le stage, le premier stage en Belgique". Stéphanie aimerait faire connaître sa discipline, dans la région et le nord de la France. Elle organise un stage les 14 et 15 avril à la piscine de L'Orient, avec l'instructrice marseillaise. 

A la piscine de l'Orient, la plupart des nageurs ne semblent pas avoir remarqué la présence de notre sirène. "Une sirène ici? Ah je me suis toujours demandé s'il y en avait une...une alarme en cas de noyade..." Mais non, Olivier...C'est d'une véritable sirène, en chair et en os, qu'il est question... "Ah d'accord! Oui!!! Je l'ai déjà remarquée...mais...elle est là aujourd'hui?" Marie a aperçu au loin, la queue de la sirène. "Si j'étais plus jeune, je crois que j'essayerais. Pourquoi pas? Vous savez, il y a tellement de disciplines, maintenant, à la piscine. Et des nageurs qui pratiquent la nage papillon sont bien plus démonstratifs que les sirènes!" 

La seule chose qui dérange un peu Olivier, c'est la place que prennent, dans le bassin, ces "nouvelles disciplines". "Il y a par exemple de l'aquajogging. C'est intéressant, mais ça ralentit la circulation dans les couloirs de nage. La nage de sirène, cela doit se faire avec une seule personne par couloir. Il ne faudrait pas qu'il y ait trop de sirènes dans la piscine...La nage doit, selon moi, rester quand même une priorité...Sinon, c'est très très joli à regarder, très esthétique!" , conclut notre nageur.

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