Tournai: apprendre à réparer soi-même son vélo mal en point

Tous les mercredis après-midi, la maison de jeunes Masure 14 propose "Bicicklo", un atelier de réparation participatif. Pas question d'y déposer son vélo pour quelques heures ou quelques jours, sans un mot d'explication. On met la main au dérailleur, on devient expert en chambres à air. Depuis qu'il a rouvert, l'atelier croule sous les demandes. 

C'est avec un vélo en piteux état que Quentin franchit le seuil de l'atelier. "C'est le vélo de ma compagne. Alors ici, vous voyez, c'est plié. La lampe, je pense que des fils ont été sectionnés. J'ai tenté de regonfler les pneus, mais il faudrait y regarder aussi…" C'est parti pour un check-up complet, sous la houlette de Dominique, le "mécano" de l'atelier. D'ordinaire il travaille "main dans la main" avec les particuliers. Vu les mesures de distanciation de rigueur, la méthode a été un peu revue. "Les gens ne peuvent plus participer aussi activement, on est obligé d'aller un peu à l'encontre de nos principes. Mais je leur explique tout de même un maximum, je les conseille beaucoup. Parfois même sur la façon d'utiliser correctement leur vélo!". Depuis que l'atelier a rouvert ses portes, les nouvelles têtes sont nombreuses. "En cette période, c'est tout à fait habituel que nous ayons du monde. Les gens veulent réparer leur vélo avant l'été. Mais là nous sommes vraiment surchargés, les mercredis…", confirme Dominique. Certains particuliers ont littéralement "épuisé" leur bicyclette sur les routes de campagne, pendant le confinement.

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Johakim © Thomas Dechamps

D'autres ont changé de philosophie, ils souhaitent un retour à l'essentiel, loin des habitudes de consommation. "C'est tout à fait dans l'ADN de notre maison de jeunes, favoriser l'éco-citoyenneté, en général", poursuit Johakim Chajia, le coordinateur. "Nous visons la récupération au maximum, au travers de différents ateliers, dont celui-ci". L'atelier fonctionne grâce à des dons. "Nous récupérons des vieux vélos, et nous utilisons les pièces pour en réparer d'autres", explique Dominique. Les particuliers paient "un prix libre", c'est à dire en fonction de leurs moyens. Bicicklo a également développé un autre projet vélo. "Cela s'appelle Un vélo pour 10 ans", explique Johakim. "L'idée est de permettre aux parents de venir avec leur enfant, quand il a 4 ans par exemple. Il reçoit un vélo. Et pendant dix ans, si le vélo est trop petit, il peut revenir, et on lui échange". Une autre façon de consommer. La possibilité aussi, pour tout un chacun, d'acquérir un vélo. Quels que soient ses moyens. "En cela, le secteur des maisons de jeunes est assez précurseur. Déjà dans les années 80, nous organisions, ici, à Masure 14, des manifestations pour le droit au vélo", conclut le coordinateur tournaisien. 

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