Tournai: du rap au djembé, la Fête de la musique aux Marronniers

Les prestations s'enchaînent
3 images
Les prestations s'enchaînent - © Charlotte LEgrand

Les fêtes de la musique auront lieu officiellement le week-end prochain. L'hôpital psychiatrique des Marronniers, à Tournai, a pris un peu d'avance, en organisant pour la deuxième fois "sa" fête de la musique. L'occasion pour les patients et le personnel de passer un moment ensemble, tout en découvrant de nouveaux talents.

"Un-deux-trois, un-deux! Vous êtes prêts???? C'est partiiiiiii!" Devant une centaine de personnes, assises sur des bancs, l'animateur du jour donne le coup d'envoi de cette deuxième fête de la musique. Steve est le premier à se produire sur scène. Il a choisi une chanson qui le touche particulièrement, "Je veux chanter pour ceux" (Lââm). "C'est une chanson que j'aime bien, ça me parle (...) chanter pour ceux qui sont loin...des choses qui font mal...(...) quand je chante, je m'évade, j'oublie mes problèmes", nous dit-il après sa prestation. Steve séjourne dans un des pavillons de défense sociale, aux Marronniers. "Comme la moitié des personnes qui vont chanter ici ", explique Vincent, musicothérapeute. Il a reçu soixante candidatures cette année, mais n'a pu sélectionner tout le monde. "Se produire sur scène, aux fêtes de la musique, ça leur permet de sortir. C'est une première chose. Ensuite, ils peuvent s'exprimer, sur le plan artistique. On voit émerger de vrais talents! Ici, chacun vient faire son numéro, devant un public très hétéroclite. Finalement, on ne sait plus trop distinguer qui est qui...".

La fête a pourtant fait l'objet d'une organisation très pointilleuse. Beaucoup d'autorisations ont été prises, un service d'ordre très discret surveille les allées et venues. Chaque patient de défense sociale est également accompagné par une personne du service. "Super complexe à organiser, c'est vrai", confirme Karima. C'est elle qui a eu l'idée de ces fêtes de la musique. "Je pense que ça apporte à la fois aux patients et aux équipes des Marronniers. Les patients peuvent enfin amener devant tout le monde, partager ce qu'ils ont su créer. Pour le personnel, c'est la seule fois de l'année où tous les secteurs se mélangent et peuvent échanger". Karima est infirmière en chef "aux Tamaris", un pavillon "pionnier" en matière d'expression artistique et musicale. Il dispose d'un studio d'enregistrement. "Le labo sonore est installé dans notre unité, une unité de crise. Les patients arrivent sous contrainte, la relation de confiance est difficile à établir. On s'est rendu compte que la musique les aide à penser à autre chose, ça apporte énormément au niveau thérapeutique.  Rien que le fait d'installer une petite guitare dans un coin, ça peut faciliter les choses. Moins d'angoisses, moins de médicaments, moins d'isolements: on sait le prouver statistiquement!". Son rêve? Que ce type de ce projet voie le jour dans d'autres hôpitaux psychiatriques.

Charlotte Legrand

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK