Tournai : des chevaux de trait utilisés pour le débardage

Les allers-retours sont constants. Pendant plusieurs heures, Hélène et Jean-François débardent, c’est-à-dire qu’ils transportent du bois coupé, avec leurs chevaux de traits, deux juments nommées Sirène et Cassis. Ils les dirigent avec une petite corde. "En Belgique et dans le nord de la France, on mène l’animal au cordeau. C’est-à-dire qu’au lieu d’avoir des rênes, j’ai juste mon cordeau. Suivant les secousses que je vais donner à mon cordeau, le cheval peut se déplacer à gauche ou a droite, s’arrêter et même reculer", explique Hélène Dubois, responsable du pôle cheval du syndicat d’élevage du cheval de trait du Nord.

Chevaux tout terrain

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Le cheval de trait comme alternative aux machines sur les terrains boueux ou marécageux ©RTBF © Tous droits réservés
Le cheval de trait comme alternative aux machines sur les terrains boueux ou marécageux ©RTBF © Tous droits réservés

L’animal est très apprécié pour sa force car il peut transporter des charges importantes. C’est aussi une alternative aux machines sur les terrains boueux ou marécageux. "Grâce à lui, on n’abîme rien. Un mois après notre passage, il ne reste plus aucune trace des chevaux. Quand vous utilisez la machine, il y a toujours des dégâts. Sur des terrains classés Natura 2000, par exemple. Selon moi, on devrait utiliser plus souvent ce type de cheval", s’enthousiasme Jean-François Mullen, meneur et soigneur au syndicat d’élevage du cheval de trait du nord.

"Nous sommes sur un terrain fabriqué de toutes pièces. C’est un bassin d’orage. Ce sont des terres apportées, sans remblais, donc il n’y a aucune portance. Du coup, les machines ont tendance à s’embourber", ajoute Pierre Dumortier, coordinateur nature et paysages au parc naturel de la plaine de l’Escaut.

Lui redonner une place au sein de la société

Cette race de cheval du nord de la France est en voie d’extinction, avec très peu de naissances cette année. Pour éviter leur disparition, Hélène démarche des communes wallonnes picardes et leur propose les services des équidés. À la rentrée, ils assureront le ramassage scolaire dans un village. Une expérimentation effectuée dans le cadre du projet Interreg Eqwos, un programme de coordination transfrontalier de développement de la filière équine soutenu par les Fonds Européen de Développement Régional.

"On peut les utiliser pour le ramassage des déchets dans différentes communes, l’arrosage des espaces vert également, et puis le broyage de certains sites. Le but, c’est vraiment de travailler avec le cheval et des outils modernes. On sait très bien que l’agriculteur ne va pas cultiver son champ avec le cheval. Ce n’est pas la peine. On veut surtout les associer avec des outils comme des pompes à eau avec des moteurs électriques, par exemple. Cela peut aider à redynamiser les villes et puis écologiquement, c’est important", conclut Hélène.

Le bois débardé va être stocké, puis redistribué à des éco-constructeurs ou des agriculteurs. Avec cette activité, le cheval de trait regagne doucement une place dans une société qui pourrait, à l’avenir, le solliciter plus régulièrement.

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