Tournai : cela fait 20 ans que Notre-Dame est en chantier

Tournai : cela fait 20 ans que Notre-Dame est en chantier
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Tournai : cela fait 20 ans que Notre-Dame est en chantier - © Tous droits réservés

Une photo des "5 clochers" sans grue ni échafaudage ? C’est mission impossible depuis de nombreuses années ! Néanmoins, le chantier avance. Une nouvelle phase vient de se clôturer. Le point avec les chevilles ouvrières de la Cathédrale.

Les Tournaisiens seront heureux de l’apprendre. L’immense grue qui surplombe la Cathédrale va bientôt disparaître du paysage. Fin août, elle sera démontée, annonce la Province de Hainaut. Cet été, les Tournaisiens et touristes de passage devraient également noter de belles évolutions dans le chantier de la Cathédrale.

Clap de fin pour l'épisode "Transept et Tours"

C’était "un gros morceau". Six ans de travaux et des moyens techniques importants ont été nécessaires pour permettre aux différents corps de métiers de nettoyer / remplacer les pierres, de poser de nouvelles couvertures en plomb, de restaurer les vitraux… Les échafaudages qui entouraient le transept et les tours ont pu être entièrement démontés en février 2019, laissant ainsi voir le résultat d’un chantier qui a mobilisé plus de 17 millions d’euros.

Les travaux ont été menés par l’entreprise "Monument Hainaut". A sa tête, Ghislain Claerbout. Il est au chevet de la cathédrale de Tournai depuis… 1987. "C’est le chantier de toute une carrière !" Un chantier aussi passionnant que complexe. "Rien qu’organiser le chantier, oser intervenir ! Vous avez 5 tours qui culminent à 88 mètres de hauteur, y amener 17.000 m² d'échafaudage, changer 170 m³ de pierres, ramener 250 tonnes de plomb pour refaire les toitures… Tout cela ce sont des gigantesques défis. Tout est grand, haut, large et long !"

Encore 10 ou 15 ans de patience

Les travaux sont loin d’être terminés. Onze millions d’euros sont prévus pour, par exemple, restaurer les porches de la cathédrale. Ces parties romanes sont en très mauvais état. A court et moyen terme, des travaux intérieurs vont être exécutés. Ils concernent notamment le dallage, certains escaliers, la restauration de peintures murales, la stabilisation des orgues. Des études vont être lancées pour envisager "la suite", l’autre gros morceau : la restauration du chœur gothique. "Tout est à refaire", explique Vincent Brunelle, l’architecte auteur de projet. "La couverture, une réflexion sur la charpente, une restauration complète des élévations extérieures, une restauration des vitraux, la stabilisation de l’ensemble…" Concernant les vitraux il convient d’agir vite, car ils souffrent. "Nous allons procéder à la dépose des vitraux", poursuit Florence Noirhomme, architecte à l’Agence Wallonne du Patrimoine. Cela signifie qu’ils seront enlevés, précautionneusement, et stockés, avec beaucoup de soin là aussi. Avant d’être replacés, lorsque les travaux le permettront.

Des budgets encore à négocier

Jusqu’ici, les restaurations ont englouti 46 millions d’euros (95% à charge de la Région Wallonne, 4% amenés par la Province, 1% de la ville de Tournai). 11 millions sont "acquis" pour une série de travaux à venir. La cure de jouvence du chœur gothique réclamera de nouvelles rallonges budgétaires. "Il s’agira de bâtir un projet fort, et d’aller le défendre à la Région wallonne", explique le député provincial Serge Hustache. "Ce ne sera pas facile car il s’agira sans doute encore de quelques dizaines de millions !".

Les paroissiens patients mais frileux

Lorsqu’il est arrivé à Tournai, en 2003, Guy Harpigny a découvert une cathédrale déjà en travaux. "Jamais je n’aurais pensé que nous serions aussi loin dans les rénovations, 16 ans plus tard !" admet l’évêque de Tournai. "Pendant toute la durée des travaux, nous avons pu poursuivre les célébrations". Que pensent ses paroissiens de ce chantier ? Sont-ils satisfaits de l’évolution ? "Leur principale préoccupation est qu’il fait froid dans la cathédrale. Elle n’a jamais été chauffée, depuis 900 ans, je ne revendique pas de travaux supplémentaires. Mais vu qu’elle accueille des offices, des grands événements, culturels, et autres, un jour il faudrait peut-être penser à prévoir du chauffage…" Lui ne sera plus en place lorsque les travaux prendront fin. "Ah non, je termine en 2023, j’aurai 75 ans ! Mais j’ai déjà averti mon successeur, il devra m’inviter à l’inauguration !" conclut-il en riant

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