Tonte de printemps pour les moutons: quelle place pour la laine belge?

C'est un secteur assez marginal mais quelques-uns en vivent. Les tondeurs de moutons sont une vingtaine en Belgique. Et contrairement à ce qu'on pourrait croire, ce n'est pas une activité si saisonnière que cela. Bien sûr le printemps est propice mais pas mal d'éleveurs aiment que les brebis soient tondues avant les agnelages, à savoir début décembre, afin qu'elles soient propres pour le retour en bergerie. Quoiqu'il en soit, les tondeurs ont du travail toute l'année. Et quel travail!

Sébastien Ferailles est un solide gaillard et il entretient son physique. Il peut, en trois minutes chrono pour chaque bête, tondre jusqu'à 150 moutons sur sa journée, dans le meilleur des cas. Courbé sur l'animal qu'il neutralise entre ses jambes, il passe la tondeuse de façon très étudiée sur le corps du mouton afin de récupérer une toison d'un seul tenant. Une technique éprouvée mise au point et utilisée en Nouvelle-Zélande. 

Mais si le contact avec les animaux et la nature l'attire beaucoup, Sébastien Ferailles admet que ce métier ne le fait pas de rouler sur l'or. La vente de la laine seule ne permet pas à l'éleveur de payer son travail, à savoir plus ou moins 3,5€ par tonte. Car les créneaux de valorisation ne sont pas très développés chez nous. Il y a bien la filière laine qui rassemble les acteurs du secteur et qui tente de tirer le meilleur profit de cette laine mais face aux pays voisins la Belgique ne représente pas grand-chose.

Pourtant une grande partie de la laine de toute l'Europe continentale transite par chez nous. Par Verviers pour être plus précis. L'entreprise Traitex est le plus grand lavoir de laine d'Europe, hors Angleterre et Irlande où la tradition du mouton est extrêmement développée. Tous les jours, chez Traitex, 30 tonnes de laine sont lavées et séchées avant de repartir vers des destinations diverses. Mais au départ, les laines brutes, encore imprégnée de suint, viennent de France, d'Allemagne, de Suisse ou encore d'Autriche. Seuls 2%de la laine lavée à Verviers arrivent directement de chez nous. Voilà qui situe clairement la Belgique dans le monde de la laine; un petit Poucet!

Dominique Blandieaux dirige une société familiale de transformation de la laine. Elle fait fabriquer des édredons, des coussins ou des sur-matelas en laine. Sa société importe la laine de partout en Europe mais depuis quelques années elle cherche à mettre en valeur les producteurs belges. L'objectif est de réduire les transports et privilégier les circuits courts. Un moyen aussi de développer un secteur générateur d'emplois. 

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