Thuillies : un "poulailler de qualité" pour pouvoir transmettre la ferme à son fils

Antoine et Noël Van Eeghem, agriculteurs à Thuillies, dans l'entité de Thuin.
Antoine et Noël Van Eeghem, agriculteurs à Thuillies, dans l'entité de Thuin. - © Laurent Dupuis

Une ferme qui se transmet de père en fils, ce n’est plus si courant aujourd’hui. Noël Van Eeghem, 58 ans, veut céder son exploitation agricole à son fils, Antoine, âgé de 24 ans.

La ferme de la famille Van Eeghem, située à Thuillies, dans l’entité de Thuin, c’est une porcherie de 600 unités et 50 hectares de terres pour diverses cultures agricoles. C’est une exploitation moyenne. Voire petite. "Mon fils est un mordu d’agriculture mais il fallait un projet pour qu’il puisse s’assurer un revenu décent et voler de ses propres ailes", explique Noël Van Eeghem.

Ce projet, c’est un poulailler de poulets de chair de qualité différenciée avec deux bâtiments pour 6.500 unités chacun et un parcours en extérieur sur 13.000m² de prairie.

"Ce n’est pas de l’industriel. Je ne voulais pas me lancer là-dedans", insiste Noël Van Eeghem. "Nous avions le choix entre le bio et la qualité différenciée. Le bio, c’était compliqué parce que le reste de mon exploitation devait passer en bio. Alors, nous avons choisi la qualité différenciée."

"C’est une filière d’avenir ", ajoute Antoine Van Eeghem. "C’est ce que les consommateurs recherchent. En travaillant de la sorte, nous montrons que nous sommes à l’écoute des consommateurs. Et puis, ce projet me permet ainsi de vivre de ma passion."

Noël et Antoine Van Eeghem glissent encore que la filière est wallonne : l’alimentation, l’élevage, l’abattage, la distribution...

Des riverains inquiets

La famille Van Eeghem a obtenu son permis d’urbanisme du collège de Thuin pour l’implantation du poulailler de qualité différenciée, le long du Ravel à Thuillies. Le fonctionnaire délégué de la Région wallonne a toutefois introduit un recours. Ce qui implique la pose de panneaux dans le périmètre du projet.

C’est en se baladant dans ce périmètre que des riverains ont remarqué qu’un projet existait. "Nous n’étions pas au courant de ce projet", lance Chantale.

Les riverains se posent des questions en termes d’affichage et de communication. Du côté de la commune, l'échevin de l'Urbanisme Pierre Navez (PS) assure que tout a été respecté et réalisé dans les règles de l'art. 

Les riverains craignent aussi les nuisances olfactives et les poussières. "Et puis, regardez, ici, ce sont les plaines de la Thudinie avec des champs à perte de vue. Nous voulons préserver ce paysage", ajoute Chantale. 

Noël et Antoine Van Eeghem assurent que les nuisances seront minimes. "Le poulailler est masqué par un premier rideau d’arbres et nous allons en ajouter un second pour barrer les odeurs", expliquent les auteurs de projet. "Nous avons placé le projet de poulailler au bout du village. Nous l'avons conçu pour ne pas embêter le voisinage. Nous avons toujours été attentifs au respect du voisinage. C'est très important pour nous."

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