Theresa May et la gouverneure générale du Canada cette semaine à Mons

Des tombes datant de la Première guerre mondiale au cimetière militaire de Saint-Symphorien, en Belgique, le 6 novembre 2018
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Des tombes datant de la Première guerre mondiale au cimetière militaire de Saint-Symphorien, en Belgique, le 6 novembre 2018 - © Emmanuel DUNAND

Après le couple royal Kate et William accompagné du prince Harry en 2014, les autorités montoises recevront ces vendredi et samedi, dans le cadre des commémorations 14-18, Theresa May, la Première ministre britannique ainsi que la gouverneure générale du Canada, Julie Payette.

À Saint-Symphorien, près de Mons, ville libérée par les troupes canadiennes le 11 novembre 1918, le cimetière militaire est devenu un symbole du sacrifice des soldats de l'ex-empire britannique lors de la Grande Guerre, et accueille chaque année des milliers de visiteurs, anonymes ou chefs d'Etat.

Un lieu de mémoire moins célèbre, mais pas oublié 

Avec ses quelque 500 tombes, pour moitié des soldats du Commonwealth, pour l'autre des Allemands, le cimetière militaire de Saint-Symphorien n'a pas la même notoriété internationale que des lieux de mémoire comme Ypres (en Belgique) Verdun et Vimy (en France), où des milliers de Canadiens sont morts en 1917.

C'est pourtant là que la Première ministre britannique Theresa May fera étape vendredi matin, avant de poursuivre en France un déplacement pour célébrer le centenaire de l'Armistice. Dans la campagne de Mons, elle sera suivie le lendemain par la gouverneure générale du Canada, Julie Payette, représentante de la reine Elizabeth II dans l'ex-colonie.

A plusieurs titres, ce petit cimetière, érigé en plein conflit par les Allemands dans un parc verdoyant de la plaine wallonne, est devenu "un lieu essentiel pour les Britanniques et les Canadiens dans la recherche de leur histoire par rapport à la guerre 1914-18", explique à l'AFP l'historien montois Corentin Rousmanne.

 

Direct de Saint-Symphorien (Mons) dans notre JT 13 h:

"The first and the last"

Y sont enterrés, par coïncidence, dans deux tombes qui se font face, la première et la dernière victime britannique du conflit. John Parr et George Ellison ont été tués le 21 août 1914 lors de la bataille de Mons et le 11 novembre 1918, non loin de là.

A quelques dizaines de mètres d'eux, sous un autre alignement impeccable de pierres blanches, repose George Price, un Canadien devenu une célébrité dans son pays.

Ce soldat de 26 ans est mort le 11 novembre 1918 à 10h58, soit deux minutes avant l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, tué par un tireur d'élite allemand à Ville-sur-Haine près de Mons.

"On estime qu'il est le dernier soldat du Commonwealth à mourir au combat pendant la Grande Guerre", ont rappelé les services du Premier ministre canadien.

Julie Payette lui rendra hommage lors de l'inauguration d'un mémorial Price samedi après-midi à Ville-sur-Haine. La commune a souhaité célébrer ainsi un "exemple du courage et de la détermination des soldats venus se battre pour notre liberté".

Dans le cimetière, à l'approche des cérémonies officielles, autorités locales et représentants étrangers s'activent au milieu des touristes de passage: un professeur écossais à la retraite ou une bande de passionnés d'histoire militaire venus d'Ottawa.

Parmi eux, David Scheel, 59 ans, raconte à l'AFP son périple de part et d'autre de la frontière franco-belge pour les 100 ans de l’Armistice. Il arrive de Vimy où il est allé s'incliner en mémoire d'un grand-oncle tué là, moins de 18 mois après s'être engagé volontairement dans l'armée canadienne.

"Mes amis et moi nous voulons honorer ceux qui se sont battus pour préserver notre mode de vie", affirme ce fonctionnaire du gouvernement de l'Ontario.

Ennemis dans la vie, unis dans la mort

Les nombreux visiteurs --estimés à 25.000 en 2017 par la ville de Mons-- se montrent aussi curieux de la spécificité "germano-britannique" du cimetière.

Dès 1916, les autorités allemandes qui occupaient la région ont voulu un lieu pour enterrer leurs morts des combats d'août 1914, souligne Corentin Rousmanne.

Un propriétaire belge a alors accepté de céder gratuitement un terrain pour que les Allemands puissent y ériger leurs stèles, mais à condition qu'ils acceptent aussi l'inhumation de leurs ennemis britanniques morts au même endroit.

"Le symbole c'était ennemis dans la vie, unis dans la mort et qu'on respecte tous les soldats tombés", fait valoir l'historien coordinateur des commémorations à Mons.

Retrouvez d’autres contenus liés à la Grande Guerre sur le site dédié RTBF.BE/1418

Visitez le cimetière de Saint-Symphorien avec Corentin Rousmanne (archive de 2014)

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