Témoignages d'agressions sexuelles à Louvain-la-Neuve: l'UCLouvain reconnait devoir encore mieux communiquer

La Meute se présente comme un collectif féministe activiste. La Meute a entamé une première campagne d’affichage sauvage sur les murs de Louvain-la-Neuve le 8 mars dernier, à l’occasion ce la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, qu’elle a relayée sur les réseaux sociaux. Elle a poursuivi sur sa lancée le week-end dernier, avec des messages plus ciblés, tels que "Violences sexistes, UCL complice" ou encore "Vous diplômez des violeurs", apposés parfois sur des bâtiments emblématiques, tels que les halles universitaires.

Parallèlement à cette campagne d’affichage, La Meute a appelé les victimes d’agressions sexuelles commises sur le campus de l’université à témoigner anonymement via les réseaux sociaux, via le #louvainle porc. Nous avons tenté d’entrer en contact avec La Meute, pour connaître ses motivations, sans succès. "Il est temps de lever le voile sur les violences sexuelles sur le site de Louvain-la-Neuve. Il n’est plus acceptable que ces vécus soient invisibilisés par nos instances. Il est temps d’écouter les victimes. Nous refusons de fermer les yeux sur le vécu et la souffrance des victimes. Nous refusons de nous taire", clame le collectif sur sa page Facebook.

Du harcèlement de rue au viol

Les langues se sont déliées dans les témoignages publiés depuis ce week-end sous forme de stories sur un compte Instagram public. Les récits sont plutôt variés : il est question tantôt d’attouchements lors de guindailles, tantôt d’abus de la part de membres du corps académique, mais aussi de flirts qui vont trop loin, de rapports non consentis, parfois non protégés.

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Témoignages d'agressions sexuelles à Louvain-la-Neuve: l'UCLouvain reconnait devoir encore mieux communiquer © Tous droits réservés

Cela va du harcèlement de rue au viol, souvent commis par des auteurs connus des victimes, et avec lesquels elles avaient noué une relation de confiance. Point commun de toutes ces histoires, elles relatent des faits graves, dont ont été victimes des étudiantes. Difficile cela dit de les dater, pas mal de jeunes femmes confiant d’ailleurs que c’est la première fois qu’elles racontent ces mauvaises expériences. On ne sait pas si les agressions relatées ont débouché sur une plainte auprès de la police. Le Parquet du Brabant wallon nous dit pour sa part que toutes les plaintes pour ce genre de faits qui lui arrivent sont traitées avec le plus grand sérieux et la plus grande discrétion.

L’Université ne dispose pas des moyens de la police ou du pouvoir judiciaire

Encore faut-il évidemment que les victimes portent plainte. La dernière enquête d’Amnesty International à ce sujet rappelle que c’est rarement le cas. L’UCLouvain a pour sa part réagi, dans un premier temps sur les réseaux sociaux.

Face aux accusations selon lesquelles elle n’écouterait pas les victimes et couvrirait les auteurs, elle rappelle qu’elle a mis en place il y a deux ans un dispositif d’aide, "Together", mais il reste encore trop peu connu de la communauté étudiante. "Par rapport à la déferlante de témoignages sur ce site web, on est bien loin de ce que nous avons pu recueillir au niveau de la cellule", indique la conseillère du recteur aux affaires de genre, Tania Van Hemelrijck, qui reconnaît que la communication autour de la plate-forme "Together" doit encore être nettement améliorée.


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Et que le champ d’action de l’université reste malgré tout limité : "ll est nécessaire pour nous de rappeler aux étudiants et étudiantes ce qu’une université peut faire, dit-elle. L’université ne dispose pas des moyens de la police ou du pouvoir judiciaire. Nous sommes dans un cadre, que nous devons rappeler, mais cela ne veut pas dire non plus que nous nous déchargeons de notre responsabilité en tant qu’institution. Chaque fait dénoncé ou à notre connaissance est pris en compte et considéré comme un fait grave dès qu’il s’agit d’une agression sexuelle". Le règlement général des études prévoit d’ailleurs des sanctions pour les auteurs, qu’ils soient étudiants ou membres du personnel de l’université. Mais pour que des sanctions soient prises, il faut qu’il y ait d’abord eu une instruction, sur base d’une plainte. Des témoignages diffusés sur les réseaux sociaux ne suffisent donc pas.

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JT du 26/11/2020

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