Taxe kilométrique intelligente : l'accord wallon ignore l'appel du pied bruxellois

Taxe kilométrique intelligente : l'accord wallon ignore l'appel du pied bruxellois
Taxe kilométrique intelligente : l'accord wallon ignore l'appel du pied bruxellois - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Pas une phrase, pas un mot, pas même une allusion. L’accord de gouvernement wallon ignore tout simplement la question de l’instauration d’une taxation kilométrique intelligente. Cette idée de taxer les automobilistes selon l’usage qu’ils font de leur voiture et l’heure où ils circulent, c’est une volonté inscrite dans l’accord de majorité bruxellois. Mais son application nécessite une concertation avec les deux autres régions, histoire d’harmoniser le système à l’échelle belge. Le signal lancé par le futur gouvernement wallon ne va pas dans ce sens-là.

Alors, ce silence wallon sur la question, qu’en pensent les membres du nouveau gouvernement bruxellois ?

Je suis contente qu’un gouvernement se forme, nous avons un partenaire à qui parler

On se dirige naturellement vers la nouvelle ministre bruxelloise de la mobilité, Elke Van den Brandt (Groen). Elle, qui déclarait il y a une dizaine de jours que les Bruxellois n’ont "pas le luxe d’attendre" et n’excluait pas un passage en force, est-elle surprise, déçue, fâchée, vexée ? Rien de tout cela.

"Mais non, on va parler avec ce nouveau gouvernement. J’attends maintenant le nom des ministres responsables, on va les contacter." Face à ce changement de ton, on insiste un peu, mais sans succès. "Je suis contente qu’un gouvernement se forme. Comme ça, nous avons un partenaire à qui parler. J’espère d’ailleurs qu’on aura rapidement également un partenaire flamand", tempère Elke Van den Brandt.

Dans ce dossier, le gouvernement bruxellois n’ira pas à l’affrontement. "Nous sommes prêts à nous mettre à table pour entendre leurs propositions alternatives car le statu quo n’est plus tenable", commente le porte-parole des deux membres Écolo du gouvernement bruxellois.

Les cabinets se sont visiblement concertés. "Place au dialogue" : l’expression fuse comme réponse à chaque fois. Même au sein du cabinet de Pascal Smet (one.brussels), l’ancien ministre bruxellois de la mobilité, peu habitué à la modération sur le sujet de la réduction de la place accordée à la voiture à Bruxelles.

De la diplomatie, assurément, mais dont un ancien ministre régional bruxellois ne fait pas usage.

Ils sont incapables d’aller au-delà de leur assiette électorale

Tout fraîchement redevenu bourgmestre d’Auderghem, Didier Gosuin (Défi) a retrouvé une certaine liberté de ton : "Un des grands enjeux en Belgique est de gérer la congestion des grandes villes que sont Bruxelles et Anvers. Tout le monde est d’accord qu’il faut que les trois régions collaborent pour faire évoluer les mentalités et les comportements. Alors, cette incohérence entre les partis politiques… C’est ce que fustigent les citoyens."

Dans le viseur de Didier Gosuin ? Le PS et Écolo. "Je regrette que les partis politiques présents au pouvoir à Bruxelles et en Wallonie oublient ce à quoi ils se sont engagés au niveau bruxellois lorsqu’ils sont en Wallonie. Ils sont incapables d'aller au-delà de leur assiette électorale. Or, la crise climatologique nécessite de dépasser tous ces clivages."

Notons que la position de Défi – au pouvoir à Bruxelles, mais pas en Wallonie – s’avère extrêmement confortable pour formuler des critiques dans ce dossier.

 

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