Taxe kilométrique à Bruxelles : tir de barrage de la majorité en Flandre

La Flandre s'oppose au projet de taxe kilométrique à Bruxelles.
La Flandre s'oppose au projet de taxe kilométrique à Bruxelles. - © KENZO TRIBOUILLARD - AFP

Il n'est pas question d'accepter une taxe qui discriminerait les navetteurs flamands, ont averti jeudi les ministres flamands des Finances et de la Mobilité, Matthias Diependaele (N-VA) et Lydia Peeters (Open Vld), à propos du projet de taxe kilométrique bruxellois. Cette taxation en projet signifierait de nouveaux transferts de la Flandre vers Bruxelles après le refinancement de la Région capitale obtenu dans le cadre de la 6e réforme de l'Etat, a fait remarquer le ministre nationaliste.

La Flandre a mis en place une fiscalité automobile plus écologique sans augmenter les impôts, a-t-il affirmé. "Nous avons fait notre travail. La Région bruxelloise n'a clairement pas encore fait le sien et renvoie maintenant mine de rien la facture à Flandre". Mme Peeters a pris contact la semaine passée avec le cabinet de son homologue bruxelloise, Elke Van den Brandt (Groen), pour lui demander une concertation sur le sujet et de recevoir à tout le moins les documents juridiques nécessaires.

Le navetteur flamand ne peut pas être discriminé

"Je veux donner toutes ses chances à la concertation avec la Région bruxelloise mais soyons clairs: le navetteur flamand ne peut pas être discriminé par le péage urbain que cette Région veut instaurer", a-t-elle dit.

Le chef de groupe CD&V au parlement flamand, Peter Van Rompuy, a quant lui assuré que son parti s'opposerait "pas tous les moyens à une taxe discriminatoire pour les navetteurs flamands". "La 6e réforme de l'Etat a refinancé Bruxelles d'environ 500 millions d'euros. Cela comprend une dotation annuelle de mobilité de 150 millions d'euros, en plus de la dotation Beliris de 125 millions, et une dotation 'navetteurs' de 44 millions d'euros. Investissons dans le transport en commun et les autoroutes pour vélos mais cette taxe pour le navetteur automobile flamand est totalement inacceptable. Pour de nombreux ménages, cela représenterait 100 euros par mois. Si Bruxelles devait persévérer, nous utiliserons tous les moyens depuis le parlement flamand pour nous y opposer", a-t-il expliqué.

A Bruxelles, le cabinet du ministre des Finances, Sven Gatz (Open Vld), a indiqué qu'aucune décision n'avait encore été prise.