Suspension simple du prononcé requise à l'égard d'Eric Massin, député provincial (PS)

Le député provincial, ex-président de la fédération socialiste de Charleroi, avait proféré des insultes à l'encontre de Caroline Taquin, bourgmestre de la commune de Courcelles (MR) lors du discours du 1er mai 2018.
Le député provincial, ex-président de la fédération socialiste de Charleroi, avait proféré des insultes à l'encontre de Caroline Taquin, bourgmestre de la commune de Courcelles (MR) lors du discours du 1er mai 2018. - © Belga

Le ministère public a requis mercredi une suspension simple du prononcé contre Eric Massin, devant le tribunal correctionnel de Charleroi. Le député provincial, ex-président de la fédération socialiste de Charleroi, avait proféré des insultes à l'encontre de Caroline Taquin, bourgmestre de la commune de Courcelles (MR) lors du discours du 1er mai 2018.

En 2018, Eric Massin avait dérapé à la tribune du 1er mai du Parti Socialiste en tenant des propos insultants à l'égard de la bourgmestre MR de Courcelles alors qu'il présentait Laurence Meire, tête de liste du Parti Socialiste à Courcelles. "Elle (Laurence Meire) n'aura pas la tâche facile face à la plus rosse, là je suis trop gentil... La plus salope, là je suis trop méchant, des bourgmestres du coin."

Ses dires avaient provoqué une vague d'indignation, ce qui l'avait poussé à démissionner de son poste de président de la fédération socialiste de Charleroi et de son poste de député fédéral.

Le parquet de Charleroi avait décidé de classer sans suite la plainte déposée au pénal par Caroline Taquin et Eric Massin avait reçu une admonestation.

Insatisfaite de cette décision, la bourgmestre courcelloise avait décidé de porter l'affaire devant le tribunal correctionnel de Charleroi. L'audience avait d'abord été fixée au 30 avril 2019 avant d'être remise au 8 octobre dernier. Le tribunal s'était rendu compte que des liens familiaux existaient entre Eric Massin et une magistrate de l'arrondissement du Hainaut.

Le juge Etienne Davio s'était dès lors déclaré incompétent de juger de ce dossier et avait reporté sine die la cause.

Lors de l'instruction d'audience, Eric Massin a exprimé ses regrets. "Ce n'était absolument pas prévu à l'avance. C'est venu spontanément, mais je ne voulais pas lui nuire. C'était plus pour mobiliser les troupes à quelques mois des élections provinciales et communales et rappeler qu'il s'agissait d'une adversaire politique redoutable, qui sait se défendre et attaquer quand il le faut."

Me Jean-Claude Derzelle, partie civile, a affirmé que les propos tenus par le député provincial ont été prononcés pour nuire à la bourgmestre courcelloise. "Il suffit d'aller chercher sur internet des images de "salope" et vous tomberez sur des images à caractère sexuelle."

Le ministère public a requis une suspension simple du prononcé. "Il est difficile de prouver qu'il y a une intention de nuire. Mais les injures ne sont pas contestées."

Me Nabil Khoulalène, conseil d'Eric Massin, plaide l'immunité parlementaire, en rappelant la réaction du prévenu à la suite des faits.

"Il a téléphoné à la plaignante et lui a envoyé un SMS pour s'excuser. Il a également pris ses responsabilités en démissionnant." Jugement pour le 24 juin.