Surprise à Namur: Philippe Defeyt quitte le CPAS

Le président du CPAS de Namur Philippe Defeyt
Le président du CPAS de Namur Philippe Defeyt - © RTBF

C'est une petite surprise pour le monde politique à Namur. Philippe Defeyt, l'actuel président Ecolo du CPAS, vient d'annoncer qu'il quittait son poste. Un départ qui se fera "fin juin ou tout début juillet" selon l'élu qui a adressé ce mardi matin un mail d'au revoir à ses agents. 

Philippe Defeyt, c'est une personnalité à Namur, mais aussi bien au-delà. En 1992, il est élu à la chambre et à ce qui est encore le Conseil régional wallon (ancêtre du parlement de Wallonie) et devient le premier élu vert de Namur.

En 1999, il prend la direction d'Ecolo, avec Brigitte Ernst et l'ancien journaliste de la RTBF Jacques Bauduin. C'est l'année de l'accession des écologistes au pouvoir, en Wallonie, à la Communauté française et au fédéral.

"Maltraités" par leurs partenaires de majorité aux différents niveaux de pouvoir où ils jouent un peu les boucs émissaires, les verts subissent une cruelle défaite électorale lors du scrutin de 2003. Philippe Defeyt et ses collègues remettent alors leur démission. L'économiste rejoint l'Institut de Développement durable, un groupement de chercheurs.

En 2006, il fait son retour sur la scène politique, à l'échelon local cette fois. Galvanisé par le succès d'Ecolo aux élections communales à Namur (qui renverse trois décennies de pouvoir socialiste en s’alliant avec le cdH et le MR), l'homme prend les rênes du CPAS. En 2012, les verts sont en baisse à Namur, mais restent dans la majorité.

Philippe Defeyt, ayant réalisé le meilleur score sur sa liste, reprend le leadership du parti à Namur, au détriment de l'échevin Arnaud Gavroy. Il reste aussi à la tête de son CPAS chéri.

Le social dans la peau

Viscéralement attaché au combat social et à "son" CPAS, Philippe Defeyt mettait aussi ses compétences d'économiste au service de la cause sociale en Belgique. Vice-président de la Fédération des CPAS, il intervenait régulièrement pour demander qu'on maintiennent les budgets sociaux, surtout à l'heure où les CPAS devaient compenser, selon lui, "le désengagement du Fédéral au niveau des revenus d'intégration pour demandeurs d'asile ou pour les exclus du chômage". 

A 62 ans, Philippe Defeyt affirme qu'il ne part pas "pour raisons de santé" ou "parce qu'il est désabusé de la politique". Il affirme quitter pour raisons personnelles et pour faire place aux jeunes. L'homme écrit encore qu'il ne se serait pas représenté aux élections communales de 2018 à Namur. On ne connait pas encore le nom de son successeur à la tête du CPAS.

Il se chuchotait par contre depuis quelques temps que sa compagne insistait "lourdement" pour qu'il se retire de la vie politique et profite d'une pension méritée. Il y en a donc au moins une qui doit arborer un large sourire ce mardi.

'AI DÉCIDÉ DE PASSER LA MAINAprès mûre réflexion, j'ai décidé de passer la main comme président du CPAS de Namur. Cela...

Posté par Philippe Defeyt sur mardi 1 mars 2016

"Le CPAS est la seule possibilité de ne pas crever dans la misère"

Après 9 années de présence à la tête du CPAS de Namur, Philippe Defeyt rappelle "avec force que la principale responsabilité d'une équipe de conseillers de l'Action sociale c'est de faire en sorte de pouvoir répondre à toutes les demandes sociales. Et ce résultat, avec l'appui de la Région, de la commune et de l'Europe, nous l'avons obtenu. Nous n'avons jamais dû refuser une aide à Namur pour des raisons budgétaires".

A titre personnel, il trouve que c'est "vraiment une chance extraordinaire de terminer sa carrière professionnelle avec un mandat aussi riche" qui lui a permis de rencontrer "plein de gens et plein de projets extrêmement intéressants. Aujourd'hui, pour beaucoup de personnes, le CPAS est la seule possibilité de ne pas crever dans la misère. A un moment donné, il est vrai qu'il faut une action politique en un niveau plus élevé. Idéalement, il faudrait que le CPAS n'existe pas. S'il n'y avait pas de pauvres, il ne faudrait pas de CPAS".

Philippe Defeyt ne quittera pas la vie associative, ni la vie militante: "Il y a encore plein de combats. Et l'un de ces combats, c'est d'essayer de proposer comme formule l'allocation universelle pour sortir vraiment de la misère et de nos systèmes de sécurité sociale et d'assistance sociale qui ont vieilli".

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