Sur-les-Bois: un village fantôme près de l'aéroport de Bierset

Sur-les-Bois: village fantôme près de l'aéroport de Bierset
Sur-les-Bois: village fantôme près de l'aéroport de Bierset - © RTBF

Nous nous sommes arrêtés à Sur-les-Bois, un village qui fait partie de la commune de Saint-Georges-sur-Meuse. Il se trouve tout au bout de la piste de l'aéroport de Bierset. Il y a quelques années, les habitants ont fui le bruit des avions. Les expropriations ont transformé le village en désert. Quoique tout désert a ses habitants.

Nous sommes dans les alentours de la rue Jean Delcour à Sur-les-Bois.  Il y a 20 ans, c'était le quartier le plus animé du village. 

Mais aujourd'hui, presqu'une maison sur deux a été rasée ou se trouve dans un piteux état.  En quelques années, le village, qui fait partie de la commune de Saint-Georges, a perdu une bonne partie de ses habitants. 

Francis Dejon, bourgmestre cdH de Saint-Georges-sur-Meuse nous explique : "Entre le début des vols de nuit et le point bas de la population, nous avons quand-même perdu entre cinq cents et six cents habitants, ce qui fait grosso modo un petit 10% de la population totale de la commune.  Donc ça a été, financièrement parlant, une épreuve très dure pour la commune.  Maintenant, au niveau des habitations, il doit y en avoir certainement une centaine, peut-être 120 qui ont été démolies jusqu'à présent".

A quelques centaines de mètres de là, la situation n'est pas plus réjouissante.  Cette maison était à peine finie quand les vols de nuit ont démarré en 1999.  Comme un décret le permet, ses propriétaires l'ont revendue à la société wallonne des aéroports.  Aujourd'hui, le jardin est squatté par des chevaux de trait.  L'intérieur a été vidé de fond en comble.  Il n'y a pas que les habitants qui ont fui le village, les commerçants ont également tous fermé boutique.

Mais le village n'est pas encore mort.  Il suffit de sonner à l'une ou l'autre porte pour s'en rendre compte.  Albert Spiret est arrivé en même temps que les vols de nuit.  A 93 ans, les avions ne le gênent pas.  Il trouve juste très dommage qu'on ne fasse rien de toutes ces maisons abandonnées. "C'est dommage parce qu'au lieu de les défaire, on aurait mieux fait de les aménager pour mettre des pauvres gens".

Toutes ces maisons abandonnées sont la propriété de la société wallonne des aéroports.  Elle les a rachetées aux propriétaires qui souhaitaient quitter la zone particulièrement exposée aux bruits des avions de nuit.  Mais la Sowaer affirme qu'elle ne va pas laisser mourir Sur-les-Bois, comme l'explique Luc Vuylsteke, président du Comité exécutif Sowaer (société wallonne des aéroports) : "Un peu plus de trois cents immeubles ont été rachetés à Sur-les-Bois.  La moitié ont été démolies et il n'y a plus, aujourd'hui, au niveau de Sur-les-Bois, d'immeuble à démolir.  Donc, je pense que la situation s'est normalisée et les derniers immeubles vides devraient pouvoir être affectés, soit revendus, soit reloués dans les tout prochains mois."

D'ici deux ans, toutes ces maisons seront prêtes à la location selon la Sowaer.  Mais certains habitants en doutent car plusieurs d'entre elles sont à l'abandon depuis plusieurs années.

Benjamin Carlier

 

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