Suicide d'une ado: éduquer aux réseaux sociaux plutôt que les diaboliser

Louise a écrit une lettre à ses parents avant de se donner la mort. Pour les remercier et évoquer son refus de continuer à vivre. Louise était harcelée via des réseaux sociaux qui permettent l'anonymat. Une pratique de plus en plus répandue dans les écoles.

"Les dérives ? Cela peut être le dénigrement, des accusations gratuites…", lance Jean-Pierre Marinx (préfet d'éducation). Face à cette réalité, l'idéal est de pouvoir se confier à une personne de confiance. Pour prendre du recul et désamorcer les situations les plus graves.

Car il ne faut pas se tromper de cibles, en diabolisant les réseaux sociaux. "Cela peut être quelque chose d’extrêmement bien aussi, tempère Jean-Pierre Marinx. Le tout, c’est qu’il y ait une réelle éducation vis-à-vis des jeunes. Qu’ils sachent quelles sont les limites de l’emploi qu’ils peuvent en faire. Et puis, cela renvoie chaque fois au respect de la personne." Un débat vieux comme le monde, conclut encore le préfet. "On y travaille quotidiennement."

Côté justice, la police peut agir dans des cas avérés de harcèlement. Mais bien souvent, la procédure est lourde pour des résultats incertains.

"Il y a des sites qui sont disponibles partout mais le problème c’est que parfois ils sont hébergés dans des pays avec lesquels nous n’avons pas de convention d’entraide judiciaire, explique Olivier Bogaerts (de la police fédérale). Ou bien si nous avons une, les délais pour obtenir des informations sont extrêmement longs. Et cela ne supprime pas évidemment la pression que peut subir la victime."

La solution passe donc plutôt par la prévention. Exemple à Huy où une éducatrice organise des lunchs numériques pour conscientiser les élèves de terminale qui servent alors de personnes relais pour aider les plus jeunes.

Patrick Michalle

 

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