Strépy-Bracquegnies : la dernière agence bancaire de la commune va fermer fin mars

Agence ING de Strépy-Bracquegnies
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C’est une bien mauvaise nouvelle pour les 10.000 habitants de Strépy-Bracquegnies : la dernière agence bancaire du village, une agence ING, va fermer ses portes fin du mois de mars. Il n’y aura donc plus de bancontact pour retirer de l’argent, plus d’appareils pour effectuer ses virements… Il faudra aller jusqu’à La Louvière ! Les personnes rencontrées à la sortie de l’agence n’étaient pas contentes… Vraiment pas du tout ! "je suis une personne âgée, et j’ai du mal à encoder mes virements. Une employée de l’agence vient d’ailleurs m’aider quand je n’en sors pas ! Et non, je n’ai pas d’ordinateur chez moi, je n’y comprends rien ! Cette fermeture est vraiment regrettable. N’oubliez pas qu’il y a des personnes qui ne savent pas lire ! ". Une jeune mère de famille est tout aussi fâchée : "Je viens ici avec ma maman, qui ne sait pas faire les opérations toute seule. Je n’ai pas de voiture, et j’ai un bébé. Je vais devoir prendre le bus pour aller jusqu’à La Louvière, vous imaginez ce que ça va être ? "

Voilà deux cas de figure exemplatifs des publics qui sont pénalisés par la suppression de ces agences et bancontact, souligne Michel Di Mattia, député wallon de la région du Centre s’occupant de cette problématique. " Vous avez une réelle fracture numérique chez les plus de 65 ans, mais ce problème existe aussi chez des jeunes, des moins de 25 ans, ou la maîtrise du numérique n’est pas aussi naturelle qu’on pourrait le croire. "
En 20 ans, 63% des agences bancaires ont disparu du paysage belge. Mais avec de grosses inégalités, relève Anne Fily. Elle est la directrice des recherches chez Financité, le mouvement pluraliste qui travaille sur la finance responsable et solidaire. "68% des agences bancaires sont implantées en Flandre, elles ne sont que 25% en Wallonie. On a aussi constaté qu’une commune riche est mieux équipée en agences qu’une commune moins riche. En résumé, il vaut mieux habiter dans le nord du pays, et en ville, plutôt que dans le sud du pays et à la campagne !". Anne Fily souligne que ceux qui sont victimes de cette "fracture numérique", le sont doublement : "le passage à la banque digitale a été particulièrement brutal. Selon Digital Wallonia, 27% seulement des personnes de plus de 65 ans font leurs opérations en ligne en Wallonie. Ça touche aussi ceux qui n’ont pas la possibilité de s’équiper. Ça rend du coup la vie de ces personnes plus compliquées puisque si on ne peut pas faire d’opérations en ligne, on perd en autonomie de gestion. En parallèle à la suppression des outils comme les automates et les imprimantes en agence, on a une augmentation des tarifs des opérations dites "manuelles", c’est-à-dire faire des virements papier, ou faire envoyer par la poste ses relevés bancaires. Dans beaucoup de banques, le virement coûte entre 1,5 et 2 euros à l’unité ! Donc, ne pas pouvoir utiliser son compte bancaire comme on le faisait auparavant, c’est une double peine pour ces personnes : moindre autonomie dans la gestion de leurs affaires bancaires, et un renchérissement du coût de fonctionnement de leur compte bancaire. C’est inadmissible en Belgique en 2021 !".
Financité est justement en discussion avec le ministre fédéral de l’économie, afin de trouver des solutions durables pour que chaque citoyen ait accès à un compte bancaire.

 

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