STIB: les syndicats rejettent l'accord, transports en commun à l'arrêt

La direction de la STIB s'est félicitée lundi soir des propositions formulées par le gouvernement fédéral et celui de la Région de Bruxelles. Il s'agit notamment de l'affectation de 400 policiers supplémentaires pour Bruxelles et le recrutement de 50 agents d'intervention pour les transports en communs bruxellois. Mais les travailleurs de la STIB ne semblaient pas vouloir reprendre le travail avant l'enterrement du superviseur décédé suite à une agression samedi dernier.

Pour Adrien Catalano de la CGSP, rien de concret n'apparaît dans l'accord dans l'immédiat. Le vote des affiliés CGSP s'est clôturé par un rejet à l'unanimité et une volonté de continuer la grève qui, selon les syndicats, débute donc ce mardi. Selon les informations que les syndicats ont reçu, la ministre de l'Intérieur recevra des délégations pour finaliser le texte proposé.

 

Le syndicat libéral CGSLB-Transports annonce que ses membres ne reprendront pas non plus le travail, du moins "pas avant l'enterrement du superviseur décédé", selon les mots du permanent Xavier Muls. L'enterrement pourrait avoir lieu vendredi. Le syndicat est insatisfait des mesures proposées par les ministres et la direction: échéancier pas clair, flou quant aux effectifs réellement supplémentaires, trop peu de détails sur l'argent alloués à ces mesures.
 
Le syndicat libéral déplore aussi que deux de ses propositions restent lettre morte: créer une police des transports en commun (comme il y a une police des chemins de fer), et élargir les compétences des agents de sécurité de la STIB. 

La STIB avait appelé à une reprise

La direction de la STIB, la présidente, Adelheid Byttebier, et le vice-président du conseil d'administration, Ridouane Chahid, s'étaient dits "impressionnés" par l'ampleur et la qualité des mesures proposées, avaient-ils indiqué dans un communiqué. La direction de la STIB avait dès lors appelé à une reprise du réseau "dès demain (mardi) matin".

Les mesures en question étaient au centre des discussions d'une réunion au cabinet de la ministre de l'Intérieur lundi soir. Outre les dirigeants et syndicats de la Stib, la réunion rassemblait Joëlle Milquet (ministre de l'Intérieur), Charles Picqué (ministre-président bruxellois), ainsi qu'un représentant de la ministre de la Justice, Annemie Turtelboom.

"Il s’agit de propositions concrètes et fermes qui seront déposées dans les gouvernements respectifs dans les 15 jours pour approbation", indiquait un communiqué du cabinet de la ministre Joëlle Milquet.

Ces propositions consistent dans la "création d’une task force policière bruxelloise 'transports en commun'" et un réagencement de la "répartition précise des compétences de la police des chemins de fer et de la police locale". Est également concernée l'organisation "d’un libre accès des images caméras de la STIB et de la SNCB pour les services de police fédérale et locale dans le cadre de leurs missions de prévention des troubles et d’optimalisation des interventions".

Surtout, "400 policiers seront affectés à la sécurisation des transports en commun" et "50 personnes complémentaires" devront être engagées "dans le service de sécurité et de prévention de la STIB".

Les travailleurs ne souhaitent pas reprendre le travail avant l'enterrement du superviseur 

Cependant, devant les caméras de la RTBF, des travailleurs excédés ont fait savoir qu'ils ne comptaient pas reprendre le travail avant l'enterrement du superviseur Iliaz Tahiraj, décédé ce samedi suite à une agression. Il semble donc qu'à moins d'une surprise de dernière minute, le travail ne reprendra pas avant mercredi, au plus tôt. 

Les travailleurs exigent également des "garanties". 

Deux marches silencieuses en hommage au défunt

Munis d'un brassard noir, un millier de personnes, principalement des collègues du superviseur agressé et décédé samedi, ont défilé dans les rues de la capitale ce lundi matin. Selon nos informations, ils étaient près d'un millier.

Partis de la place Rogier, ils ont rejoint le lieu de l'agression. La marche a débuté à 10h30 et s'est achevée environ une heure plus tard par un dépôt de gerbes de fleurs. La plupart des participants à l'hommage rendu à Iliaz Tahiraj étaient des membres du personnel de la STIB. Pas de cris, pas de slogans. Les collègues de la victime avaient fait part de leur souhait d'organiser une marche silencieuse.

Au même moment, deux minutes de silence ont été observées dans les autres sociétés régionales de transport, les TEC et De Lijn.

Par ailleurs, la STIB a annoncé avoir ouvert un registre de condoléances.

L'après-midi, une nouvelle marche a également été organisée à l'initiative du personnel de la STIB. Quelque 500 personnes, selon les organisateurs, y ont pris part. Le cortège est parti de la place des Armateurs, lieu de l'agression, pour se rendre place Rogier avant de rejoindre le siège social de la STIB, près de la gare centrale.

Pas assez de policiers, selon Brigitte Grouwels

"La montée de l'agressivité est un phénomène de société qui concerne tout le monde. Le problème dépasse de loin le cadre de la STIB, on le rencontre partout et c'est inacceptable", a indiqué Brigitte Grouwels, la ministre bruxelloise des Transports, présente dans le cortège. "Les gens doivent réapprendre la courtoisie et le fair-play dans les interactions quotidiennes."

La ministre a également souligné le fait que les 120 policiers actuellement affectés dans les 69 stations de métros bruxelloises étaient en nombre insuffisant. Elle a également appelé à une plus étroite collaboration avec les zones de police pour la sécurité du réseau en surface.

Les transports publics à l'arrêt durant les funérailles?

Une action commune sera organisée un de ces prochains jours dans l'ensemble des sociétés de transport public. Les modalités précises de cette action seront communiquées prochainement.

Selon la CGSP Cheminots, le travail au sein des diverses entreprises pourrait être interrompu durant les funérailles de la victime. Celles-ci n'ont toutefois pas encore été programmées.

"Tout dépend de la volonté des collègues de la STIB. Mais l'idée est de mener une action de solidarité afin de mettre en évidence la non réaction face à la violence" dont est victime le personnel des sociétés de transport public, commentait lundi Michel Abdissi, secrétaire général CGSP Cheminots.

Julien Vlassenbroek avec Pierre-Alain Belpaire, Anina Meeus et Belga

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