Stib: 15 millions d'euros, c'est le manque à gagner du fait des fraudeurs

Le nombre de fraudeurs aurait augmenté de 2011 à 2012 de près d’un demi-million.
Le nombre de fraudeurs aurait augmenté de 2011 à 2012 de près d’un demi-million. - © Belga

Entre 10 et 15 millions. Il s’agit bien évidemment d’une estimation car il est difficile de quantifier des choses dont il n'existe finalement aucune trace. Pour parvenir à ce chiffre, la Stib s’est basée en premier lieu sur le nombre de fraudes réelles. Autrement dit, on sait chaque année combien de personnes ont été contrôlées et le nombre de celles qui ne possédaient pas de titre de transport valable. Et puis, la Stib réalise elle-même des enquêtes de manière anonyme.

Et de ces enquêtes, il ressort que 10% des utilisateurs de la Stib fraudent. Mais c'est un taux à prendre avec des pincettes, puisqu'il n'est finalement qu'une extrapolation de résultats. Ça peut être plus, ça peut être moins... Ça donne en tous cas une première idée de l'ampleur du phénomène.

Le manque à gagner, lui, est estimé à près de 15 millions d'euros. Il faut savoir que les recettes des contrôles effectués n'équilibrent pas la balance. L'année dernière, ils ont rapporté près de 2,4 millions d’euros. On est donc loin des 15 millions perdus.

Et l'installation des portillons dans les stations souterraines a-t-elle permis de réduire le nombre de fraudeurs ? Pas vraiment. En regardant les chiffres entre 2011 et 2012, le nombre de fraudeurs pris la main dans le sac a très sensiblement augmenté. Un demi-million en plus d'une année sur l'autre. La Stib explique cette augmentation par la hausse du nombre de voyageurs combinée à la multiplication des contrôles. Et concernant les portiques, ils ont leur utilité, puisque la STIB estime que dans les stations équipées le taux de validation des billets a augmenté de 40%.

Une application Smartphone pour savoir où ont lieu les contrôles

A l’instar de Coyote, l'application qui informe les automobilistes sur la localisation des radars, voici maintenant Controlstib à destination des usagers de la Stib. Cette application signale les contrôles de tickets en cours sur toutes les lignes de la Stib. Le principe repose sur un mode de partage volontaire d'informations entre ceux qui prennent les transports en commun.

Son mode de fonctionnement est plutôt simple. Une fois sur controlstib.be, vous avez deux possibilités. Signaler un contrôle que vous avez aperçu sur une ligne et un arrêt précis ou valider un contrôle publié sur la plate-forme.

Si un contrôle reçoit plusieurs votes négatifs, il est tout simplement retiré. "L’application a été pensée dans le but d’éviter aux gens d’avoir une amende, commente Emile-Victor Portenart (l'un des informaticiens autodidacte à l'origine de l'application). Donc, s’il voit un contrôle, le but est qu’ils achètent un ticket. S’ils fraudent, c’est leur problème. Nous ne sommes pas pour la fraude, on est pour l’achat d’un ticket pour éviter d’avoir une amende."

Une application bien accueillie par la Stib. La société de transport espère même qu'elle aura un impact positif. "A ce stade, nous considérons qu’il s’agit plutôt de quelque chose d’anecdotique et qui pourrait  avoir effectivement un effet dissuasif, ou en tout cas sensibiliser sur l’importance de payer son titre de transport dans un souci d’équité", réagit Françoise Ledune (porte-parole à la Stib).

L’application n'existe que depuis décembre 2012. Il est encore trop tôt pour évaluer les répercussions sur le comportement des usagers de la Stib.

Hélène Maquet, Cynthia Bashizi

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