Statues liées au colonialisme : Bruxelles prête à s'inscrire dans un cadre fixé par le Fédéral et la Région

Statues liées au colonialisme: Bruxelles prête à s'inscrire dans un cadre fixé par le Fédéral et la Région - Ph. Close
Statues liées au colonialisme: Bruxelles prête à s'inscrire dans un cadre fixé par le Fédéral et la Région - Ph. Close - © THIERRY ROGE - BELGA

Le conseil communal de la Ville de Bruxelles a rejeté lundi soir à une large majorité une motion déposée par le MR visant le maintien des statues, monuments historiques et plaques commémoratives dans l’espace public de la Ville, l’installation de plaques pédagogiques à leur proximité et l’obligation, dans toutes les écoles secondaires de la Ville, d’enseigner la période de la colonisation.

Le dépôt de cette proposition a permis à chaque formation de relayer ou de réitérer son point de vue en la matière. Le bourgmestre de la Ville Philippe Close (PS) a quant à lui plaidé pour la patience, le temps de connaître l’issue du débat proposé à l’échelle de la Chambre par le président de l’assemblée fédérale Patrick Dewael, et, le cas échéant, de celui qui pourrait être mené à l’échelon régional.

Le débat ouvert à l’occasion du dépôt de la motion libérale a donné lieu à une opposition frontale de Bruno De Lille (Groen) pour qui la motion du MR/Open Vld "est inspirée d’un point de vue colonial inspiré des années '50".

L’élu écologiste néerlandophone s’est dit davantage proche de la proposition DéFI – relayée lundi soir par Marie Nagy – de créer un monument dédié aux victimes du colonialisme sur la Place du Trône, car elle correspond à une proposition antérieure des Verts.

Il n’a pas été aussi loin que DéFI qui, à en croire Marie Nagy, exclut d’emblée le retrait des statues d’acteurs du colonialisme "car une mise au musée pourrait aussi faciliter l’oubli de ce passé".

Le cdH a soutenu la proposition du MR à condition de changer de priorité : rendre obligatoire dans toutes les écoles secondaires de la Ville de Bruxelles l’enseignement sur la colonisation avant de parler du maintien des statues. Bertin Mampaka a jugé que la priorité devait aller à la reconnaissance de la place des populations d’origine subsaharienne dans la société bruxelloise car jusqu’ici, on n’en trouve guère de représentants dans la police, l’enseignement de la Ville et bien d’autres services.

Le bourgmestre de la Ville, Philippe Close (PS) estime que l’on a à ce point trainé pour aborder le passé colonial de la Belgique que cela rend le débat difficile.

Pour lui, le ton de la motion proposée par le MR n’est pas le bon. Il importe de faire les choses dans l’ordre en permettant au débat proposé à l’échelon fédéral par le président de la Chambre, Patrick Dewael (Open Vld) de déboucher sur la fixation d’un cadre. Idem à la Région. La Ville de Bruxelles ne se désengagera pas pour autant, mais elle s’inscrira dans ce cadre, a-t-il dit.

Cela peut prendre un peu de temps, a-t-il reconnu, faisant référence aux années qu’il a fallu à la localité de Puurs pour retirer le nom du prêtre collaborateur Cyriel Verschaeven.

Mais cela n’exclut nullement de prendre, dans l’intervalle, des initiatives en faveur de l’antiracisme et pour permettre la création d’une sculpture évocatrice de la diversité, a-t-il dit.

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