Stationnement: Mons teste un système d'"achats-minute"

Des capteurs sont placés sous les emplacements de parking de la Grand-Rue
Des capteurs sont placés sous les emplacements de parking de la Grand-Rue - © S. Vandreck

Qui n’a jamais tourné en rond pendant de longues minutes afin de trouver une place de parking devant la boulangerie, la librairie, ou tout autre commerce où faire un petit achat ? Dans le bas de la Grand-Rue à Mons, se garer le temps de faire une petite course était quasiment devenu mission impossible. «Il y a énormément de voitures-ventouses ici, témoigne la pharmacienne, que ce soient des commerçants, ou des personnes qui se garent pour faire des achats dans le centre-ville tout l’après-midi. Ils bloquent ce quartier de commerces de proximité». Il n’est en effet pas compliqué pour quelqu’un qui travaille dans le quartier de réalimenter régulièrement l’horodateur, ou de guetter le passage des contrôleurs pour le faire. «En 15 ans, la rotation des véhicules dans ce quartier est passée de 5,7 à 2,3 par emplacement. Ce qui veut dire qu’on a deux fois moins de personnes qui viennent se garer pour fréquenter les commerces», explique l’échevin de la Mobilité, Pascal Lafosse (PS).

Des capteurs sous les places de parking

Les commerçants réclamaient depuis plusieurs années qu’on instaure un système de stationnement permettant plus de rotation des voitures. «En une demi-heure, on a normalement le temps de faire ses petites courses», commente Pierre Flament, le boucher. Leur rue, ainsi que la rue Buisseret, près de l’administration communale, sont les deux zones choisies pour mener l’expérience de «l’achat-minute» dès ce deux novembre, et cela pendant deux mois. Concrètement, des capteurs sont installés sous les places de parking, pour contrôler la durée de stationnement. «Une fois que l’automobiliste se gare, le chronomètre est lancé. Au bout de 30 minutes les stewards peuvent voir sur leur application quelles voitures sont en excès de temps», explique Xavier Sand, de la société CommuniThings, qui a développé le système. Si les courses ne sont pas finies, le client se verra accorder 15 minutes supplémentaires, en scannant un code QR dans le commerce où il se trouve.

Des montants plus dissuasifs

Le système se veut plus dissuasif que les 30 minutes offertes dans d’autres villes par le biais d’un horodateur. «30 minutes, c’est court, donc les contrôles sont difficiles, ajoute Pascal Lafosse. Aujourd’hui, la redevance est de 15 euros la demi-journée. Mais il est rare que les contrôleurs passent deux fois dans la même rue en une journée. Elle va donc passer à 25 euros par jour, ce qui est plus dissuasif car un seul contrôle suffira». Le système sera évalué dans deux mois. Et si le test est concluant, il sera étendu à d’autres rues du centre-ville. En tout 150 places devraient être équipées de ces capteurs, pour un budget total évalué à 60.000 euros. «J’ai eu des coups de téléphone de clients plus âgés, qui savent encore conduire mais ont des difficultés à marcher, raconte un traiteur. Ils n’osaient plus venir de peur de ne pas trouver à se garer facilement. Mais si ça marche bien, ils vont revenir».

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