Joseph Willaert, l'auteur de la fresque monumentale de la station Clémenceau, mort en 2025: ce n'est pas une erreur

La station Clemenceau a été décorée par Joseph Willaert, mort en 2014 dans la vraie vie, mais en 2025 sur une plaque.
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La station Clemenceau a été décorée par Joseph Willaert, mort en 2014 dans la vraie vie, mais en 2025 sur une plaque. - © Facebook / D. R.

"Promenade Joseph Willaert, peintre flamand, 1936-2025." Oui, c’est bien la date de mort indiquée sur deux plaques accrochées dans la station de métro Clemenceau de la Stib à Anderlecht. Joseph Willaert est l’auteur de "Promenade", la fresque monumentale et colorée aux 38 panneaux, installés dans cette section du réseau des transports en commun souterrains bruxellois, où passent les lignes 2 et 6.

Faire mourir les gens dans le futur, un exploit de votre gestion

Mais il n’est pas décédé en 2025 – personne sur cette terre d’ailleurs n’est déjà décédé en 2025 – mais en 2014. Sacrée boulette ? Certains le pensent et parlent même d’incompétence. Comme ce tweet, publié ce lundi, opposant la politique du gouvernement régional et de la ministre bruxelloise de la Mobilité Elke Van de Brandt (Groen) en matière de changement de noms dans l’espace public et l’incompétence des services publics. "Faire mourir les gens dans le futur est sans doute un exploit de votre gestion", écrit ce twitto, remonté.

Mais ce post a depuis été effacé. Il y a une raison. Comme le confirme Guy Sablon, porte-parole de la Stib, "cela fait partie de l’œuvre. C’est une petite blague de l’artiste lui-même." La plaque date de 1993, au moment de la réalisation de la fresque (une sorte de cinérama) dans la station. Simple, aux couleurs vives, l’œuvre symbolise selon l’artiste la société de consommation urbanisée, "dans laquelle deux générations ne partagent plus les mêmes valeurs".

"Ses peintures donnent à l’utilisateur du métro l’impression qu’il se trouve, non pas sous le sol, mais dans un paysage arcadien vierge", relève la Stib sur son site Internet, dans la page de présentation de la station Clémenceau. Joseph Willaert était un peintre pop-art qui maniait non pas le surréalisme mais l’hyperréalisme. "La poésie et l’humour constituent le noyau de l’œuvre de Willaert." Ce qui explique la mention "1936-2025".

Ce n’est pas la première fois que cette plaque fait l’objet d’interrogations sur les réseaux sociaux. En 2015, toujours sur Twitter, un utilisateur s’emportait contre la Stib : "Station "Clémenceau", le peintre ostendais Joseph Willaert qui l’a décorée est bien né en 1936 mais mort en 2014 et pas en 2025 !!!"

Mais la réponse n’est intervenue qu’en 2017. "Il s’agit d’un trait d’humour de la part de l’artiste et donc pas d’une erreur", écrivaient les "community managers" de la société des transports publics bruxellois.

Pas plus tard qu’il y a un mois, sur Facebook, un échange entre utilisateurs du métro bruxellois pointait la date de mort de Joseph Willaert, telle que mentionnée à Clemenceau. La Région de Bruxelles-Capitale a-t-elle trouvé la machine à voyager dans le futur ? Emanation du surréalisme à la belge ? En commentaires, les interprétations sont différentes.

La question est désormais tranchée. En 1993, Joseph Willaert a voulu interpeller le Bruxellois. Et ça a fonctionné plutôt bien jusqu’à présent. Pas sûr, cependant, qu’après l’année 2025, l’effet soit toujours au rendez-vous et que les usagers du métro vérifieront la bonne date de mort de l’artiste.

Comme l'ensemble du réseaux souterrains, la station de métro Clemenceau, dans le quartier anderlechtois de Cureghem, est gérée par Bruxelles Mobilité. Celle-ci a été rénovée récemment.

En 2019, cinq après la mort du peintre née à Dixmude, la Deweer Gallery, à Zwevegem en Flandre orientale, publiait sur sa page Facebook une rare photo de Joseph Willaert en train de peindre les panneaux destinés à être installés dans la station Clemenceau.

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