Stade Roi Baudouin: d'où sort le chiffre de 4 millions par an?

Pour le collège de la Ville de Bruxelles, en effet, la facture s'élève, bon an mal an, à quatre millions. Un chiffre que conteste l'ancien échevin des sports, le CDH Bertin Mampaka, aujourd'hui dans l'opposition. Pour lui, le coût annuel tourne plutôt autour des deux millions. Un chiffre confirmé par un autre acteur proche du dossier mais étranger à la sphère politique.

En réalité, personne ne sait au juste quelle somme le stade Roi Baudouin aspire chaque année. Le montant de 2 millions doit en outre être relativisé. Il englobe en effet les coûts de personnel. Une trentaine de personnes s'occupent de l'entretien et de la maintenance du stade. A moins de tous les licencier une fois l'édifice détruit (ce qui paraît peu probable et serait politiquement délicat), la Ville ne réaliserait donc aucune économie puisque les agents seront vraisemblablement réaffectés à d'autres tâches.

Il reste donc les frais de chauffage, d'électricité et d'eau, plus les menus travaux d'entretien périodique. Ici aussi, le montant s'avère difficile à établir. Bertin Mampaka cite le chiffre de 700 000 euros. Notre informateur proche du dossier ne se risque pas à avancer un montant précis, s'agissant de marchés globaux transitant par une centrale d'achats.

Des frais récurrents?

L'échevin des Sports de la Ville de Bruxelles, Alain Courtois (MR), invoque les coûts inhérents à la vétusté des installations. Il faut remplacer le panneau d'affichage, la pelouse ou la piste d'athlétisme, justifie-t-il. Des explications un brin tirées par les cheveux.

La piste d'athlétisme a été remplacée en 2009 et sa durée de vie est estimée à une dizaine d'années. Idem pour le panneau d'affichage : on n'en installe pas un neuf tous les ans. En tout état de cause, on perçoit mal ce qui nécessiterait d'engloutir chaque année 2 millions d'euros en plus des 2 millions nécessaires à la maintenance et aux frais normaux de fonctionnement.

Il y aussi des recettes

Nos interlocuteurs insistent sur un point : le stade Roi Baudouin génère aussi des recettes. L'Union belge paie pour les rencontres des Diables rouges; le Mémorial Van Damme aussi loue le stade pour organiser son prestigieux meeting d'athlétisme annuel dans le cadre de la Diamond League; enfin, le stade Roi Baudouin sert occasionnellement d'écrin à des concerts de rock ou de variétés. Et ce sont les organisateurs qui paient la pelouse si celle-ci doit être remplacée à la suite de l'événement.

On attend en tout cas du collège des bourgmestre et échevins de la Ville qu'il démontre en toute transparence que le stade Roi Baudouin engloutit bien chaque année une somme équivalente à celle que la Ville s'apprête à investir dans le futur stade national.

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