Stade national: voici pourquoi Grimbergen pourrait bien supprimer le sentier

Le 26 janvier dernier, au Conseil communal de Grimbergen.
Le 26 janvier dernier, au Conseil communal de Grimbergen. - © RTBF

Conseil communal sous tension, ce soir, dans la petite commune de Grimbergen. Pour la deuxième fois, les élus sont amenés à se prononcer sur la suppression administrative du chemin vicinal qui traverse le parking C du Heyzel, là où doit être construit le futur stade national. Ce sentier, qui n'existe plus que sur papier, est un obstacle à l'obtention du permis sollicité par la Ville de Bruxelles. Le fruit d'une histoire bien belge : le parking C est propriété de la Ville de Bruxelles, mais se trouve sur le territoire de Grimbergen.

Il y a un mois, le Conseil communal de Grimbergen avait rejeté de justesse la suppression, bloquant dès lors le permis. Mais le vote, cette fois, risque bien d'aller dans l'autre sens. Car il est ici question de gros sous.

Une petite commune sous pression financière

Il y a quelques jours, s'appuyant sur une décision de justice de septembre dernier, Ghelamco mettait en demeure Grimbergen de supprimer ce sentier dont l'existence met en péril la construction du stade. Dans le cas contraire? Le promoteur n'hésiterait pas à réclamer des dommages et intérêts pour les investissements déjà consentis et les retards à prévoir. "Cela relève presque du chantage, déplore Arnaud Verstraete, député bruxellois Groen. Dans ce contexte, j'imagine mal le Conseil communal de Grimbergen voter une deuxième fois de la même manière ce soir."

Car les montants évoqués donnent le tournis. De 40 à 60, voire 75 millions d'euros, selon les sources. C'est autant, voire beaucoup plus, que le budget annuel de la commune qui s'élève à 44 millions d'euros. Alors, les autorités de Grimbergen ont beaucoup consulté ces jours-ci. Et les avis des juristes vont dans le même sens : en justice, Ghelamco risque bien d'avoir gain de cause. Et cela a trait à l'argumentation développée par les élus locaux.

Pour maintenir le sentier, certains ont mis en avant qu'il était encore utilisé par certains promeneurs. Cet argument pourrait encore être recevable par la justice. Ce qui l'est beaucoup moins, c'est celui utilisé par certains conseillers communaux, qui ont reconnu utiliser le sentier par militantisme, pour mettre un terme au projet de stade national. "Le sentier ne peut pas être un levier politique, le juge donnerait raison à Ghelamco." estime le député bruxellois Arnaud Verstraete.

Si le sentier venait à être rayé des cartes ce jeudi soir, Ghelamco et la ville de Bruxelles n'en auraient pas encore fini de l'opposition de Grimbergen. La commune vient de remettre à la Région flamande un pré-avis particulièrement négatif concernant le projet de stade national. 

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