Spiennes: un chantier international dans les minières néolithiques

Les jeunes ont vite adopté les gestes précis des archéologues
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Les jeunes ont vite adopté les gestes précis des archéologues - © S. Vandreck

"C'est presque au milieu de nulle part. Je ne m'attendais pas à autant d'infrastructures, à ce musée et à ces fouilles qui sont quelque chose d'unique."

Elena est italienne et découvre depuis ce lundi le petit village de Spiennes, à 6 km de Mons, ses minières du néolithique classées par l’Unesco depuis 2000 et le Silex’s, musée inauguré l’an dernier.

Avec sept autres jeunes, venus des quatre coins du monde (Ghana, Mexique, Corée du Sud, Allemagne, Serbie, Turkménistan), elle participe à un chantier parrainé par l’Unesco et mis sur pied par l'ASBL JAVVA (Jeunes actifs dans le volontariat et les voyages alternatifs).

L'ASBL en organise 357 à travers le monde, sur les sites inscrits par l’Unesco sur sa prestigieuse liste du Patrimoine de l’Humanité. " Notre ambition est de leur partager avec eux le goût du patrimoine mondial, leur faire découvrir que c’est un patrimoine qui nous réunit tous sur la planète ", rappelle Hélène Collet, archéologue au Service Public de Wallonie, qui coordonne le chantier avec la Société de Recherche préhistorique en Hainaut (SRPH).

Des motivations variées

Car tous ces jeunes ne sont pas de futurs archéologues. Elena va bientôt s’inscrire à l’université pour apprendre la communication. Nkwame, le Ghanéen, étudie quant à lui les sciences médicales : "Je ne veux pas me limiter à ce seul domaine, non ! Il m'en faut aussi savoir un peu plus à propos de l'archéologie : quand des gens discutent d'archéologie, je peux aussi avoir mon mot à dire".

Leur première expérience au fond de la minière de silex les a enthousiasmés : "Je m'attendais à quelque chose de plutôt ennuyeux, mais c'était passionnant et complètement nouveau. Ainsi comprendre le processus des fouilles, c'est très intéressant", raconte Elena. Dès le premier jour du chantier, ils ont mis la main à la pâte.

"Nous leur avons expliqué qu’il y avait ici des fragments osseux appartenant à un squelette humain. Cela les a beaucoup intrigués", explique Hélène Collet.

Apprendre la patience

Armés de petites truelles, les volontaires grattent donc patiemment les parois du puits à la recherche de fragments d’os. "Il faut vraiment pendre son temps, et faire attention à ne rien rater... à ne rien détruire", insiste Nkwame qui a bien retenu les consignes de Philippe Lavachery, archéologue de la SRPH.

Il surveille attentivement chaque geste de ses apprentis : "La position de chaque petite pièce qu’on trouve doit être enregistrée de façon très précise, pour qu’on sache exactement de quelle couche chaque objet vient, où il se trouvait, au-dessus, en dessous, à gauche, à droite… De façon à reconstituer l’histoire de la minière et à en tirer le plus d’informations scientifiques possible".

Tout est mis dans des sacs, soigneusement numérotés, qui seront ensuite triés, passés au crible, pour que rien n’échappe aux archéologues. Les pièces les plus intéressantes seront ensuite nettoyées et répertoriées.

"C’est super. Je n’ai jamais vu de telles grottes en Corée. C’est une bonne expérience pour moi", se réjouit Grace, venue de Corée du Sud, la seule étudiante en archéologie du groupe.

"Il y a encore du travail"

Ce chantier international se terminera le 1er septembre. Pendant sa durée, auront également lieu des conférences, des visites, des rencontres avec la population locale. Mais le travail des archéologues ne s’arrêtera pas pour autant par après.

Les 8 volontaires auront donné un sacré coup de main, mais Hélène Collet et ses collègues ne vont s’ennuyer pour autant à la rentrée : "Il y a encore plein de découvertes à faire dans le sous-sol. Nous devons dégager des tonnes de remblais crayeux qui masquent la forme de la minière. Nous devons aussi retrouver ces fameux ossements d’un être humain déposé ici après l’exploitation de la minière, il y a cinq ou six mille ans. C’est un travail plus délicat. Nous avons déjà retrouvé environ 200 fragments osseux, mais d’ici à retrouver tout le squelette, il y a encore un peu de travail !".

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