Spiennes : dernière ligne droite avant l'ouverture du Silex's

Le bâtiment du futur centre "Silex's" n'attend plus que ses derniers aménagements.
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Le bâtiment du futur centre "Silex's" n'attend plus que ses derniers aménagements. - © S. Vandreck

Le conseil communal de Mons doit voter ce lundi soir les marchés publics concernant les derniers aménagements du futur centre d’interprétation des minières néolithiques de Spiennes. C’est un des cinq nouveaux musées qui seront inaugurés à Mons en avril prochain. Les visiteurs pourront notamment y faire une plongée sous terre, comme les archéologues le font quotidiennement.

Le bâtiment qui a poussé au milieu des champs est un peu futuriste : tout en verre et en métal, il a la forme d’un grand tambour, doté d’une tour vitrée. Il ne manque plus que les derniers aménagements (mobilier, plantations, signalétique…) pour que les premiers visiteurs puissent y pénétrer. Ils pourront le faire à partir du 4 avril 2015, date à laquelle cinq musées seront inaugurés à Mons (l’Artothèque, le Mons Memorial Museum, le Musée du Doudou, le Beffroi et, donc, le Silex’s). Et si le bâtiment est ultra moderne, ce qu’on pourra y découvrir est vieux de plusieurs milliers d’années : ce que nous ont laissé nos ancêtres du néolithique. «Ce sont des populations de la fin de la préhistoire, avec un outillage en pierre, explique Hélène Collet, archéologue au Service public de Wallonie, en poste à Spiennes depuis 15 ans. Les premières mines dans nos régions datent de cette période-là, avec des méthodes d’extraction assez remarquables, alors que l’outillage, lui, est de pierre». C’est aussi à cette période, il y a 6000 ans, que l’Homme, jusque-là chasseur-cueilleur, est devenu agriculteur: «On peut lier la naissance de nombreuses mines de silex au fait qu’on a ces populations sédentaires d’agriculteurs et d’éleveurs qui augmentent et qui ont un besoin de matières premières».

Les "poubelles" du néolithique

Le silex sert donc à fabriquer des outils. Les archéologues en retrouvent par dizaine dans chaque puits qu’ils fouillent. Le site de Spiennes en est constellé : on évalue le nombre de ces puits à plusieurs milliers. Tous n’ont évidemment pas été fouillés, mais ceux qui ont été explorées par les archéologues professionnels et amateurs depuis une cinquantaine d’années ont tous un profil similaire: «Ils ont été comblés une fois que les mineurs du néolithique ont eu fini l’exploitation du silex. Ce sont eux qui les ont comblés. Ce sont donc des sortes de ‘’poubelles’’ dans lesquelles on va retrouver des vestiges de la vie quotidienne». Des ‘’poubelles’’ qui contiennent aujourd’hui un mélange de craie et de silex. Chaque seau de ce matériau de remblai est remonté à la surface et minutieusement fouillé par les archéologues: «On a besoin de tout garder pour analyser. On peut y retrouver évidemment des éclats d’outils. Comme cette mine a été creusée à l’aide de piques en silex, les petits morceaux qu’on va retrouver sont des fragments de piques».

Un site classé par l'Unesco

Le puits de mine dans lequel travaillent les archéologues est creusé sur une profondeur d’une dizaine de mètres. C’est dans un puits similaire que les visiteurs du futur «Silex’s» pourront descendre s’ils le souhaitent, équipés d’un casque et d’un harnais. Des salles d’exposition, des balades didactiques sur le site complèteront l’ensemble. Et permettront d’accueillir les curieux dans de meilleures conditions: «Ils sont déjà nombreux, à venir parfois de très loin, raconte Hélène Collet. Alors que pour l’instant, le site n’est pas encore accessible au plus grand public. Dans quelques mois, grâce à ce centre, les visiteurs intrigués pourront mieux découvrir les minières de Spiennes. De notre côté, nous continuons notre travail et sommes toujours disposés à partager notre passion du métier». L’archéologue se souvient notamment de la visite d’Australiens cet été à Spiennes. L’effet sans doute du classement du site en 2000 sur le site du patrimoine mondial de l’Unesco.

Stéphanie Vandreck

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