Son agresseur était un ami rencontré sur le campus

4 ans après son agression, Selma a retrouvé le sourire mais veut témoigner de la réalité du viol, notamment sur les campus universitaires.
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4 ans après son agression, Selma a retrouvé le sourire mais veut témoigner de la réalité du viol, notamment sur les campus universitaires. - © Tous droits réservés

Pendant longtemps, Selma Bouillard s'est tue, mais aujourd'hui, elle prend la parole pour raconter son histoire. Celle d'une étudiante qui voulait devenir bio-ingénieur et étudiait sur le campus de la VUB (Vrije Universiteit Brussel).

Mais un soir, il y quatre ans déjà, elle est agressée sexuellement par un ami proche, une agression dont elle ne dira rien jusqu'à ce qu'elle trouve la force de se battre. Désormais, elle mène campagne pour encourager les autres victimes de viol à oser parler, sans honte et sans culpabilité de ce qui leur est arrivé.

Les affiches imaginées par Selma ont été collées sur le campus de la VUB. Elles pourraient bientôt apparaître sur d'autres campus universitaires.

Rencontre avec une jeune fille qui assure avoir retrouver le sourire 

"Aujourd'hui, c'est vrai, je me sens mieux. Sortir du silence, m'y a aidé." Sur les panneaux d'affichage du campus, des dizaines d'affiches blanches montrent l'esquisse d'un visage. La bouche est barrée d'un bandeau noir sur lequel on peut lire "I said no" ("j'avais dit non").

"J'ai dessiné les affiches moi-même. Des amis m'ont aidée pour les textes". Pour l'impression, elle a été soutenue par le Studenten Raad (conseil des étudiants) de la VUB. Des soutiens précieux au moment de rendre publique une histoire intime et douloureuse. "J'ai été violée par un ami très proche, je voulais le voir pour discuter, on était dans une chambre et c'est là que cela a dérapé. Je n'étais pas du tout d'accord mais en même temps, j'étais incapable de réagir, de crier, de bouger. J'étais comme un corps mort en fait. Et par la suite, je n'ai rien dit. Je suis ensuite partie en Australie, une fuite pour éviter de le croiser sur le campus".

De retour en Belgique, Selma commence à parler de son agression à ses proches... et essuie les premières critiques : "Pourquoi reparler de cela après plusieurs années ? Tu étais déjà sortie avec lui quand même ? Vous aviez bu ?"

Des remarques blessantes, culpabilisantes qui auraient pu la déstabiliser mais Selma voit déjà plus loin. Quatre ans après les faits, sans preuve, sans témoin, elle sait qu'une action en justice a peu de chance d'aboutir. Elle choisit donc de médiatiser son histoire.

Otto Cartrysse, membre du Studenten Raad approuve l'initiative. Selon lui, il n'y a aucune raison que le milieu estudiantin soit épargné par ces dérapages sordides. "Sur un campus, certains jeunes testent leur limites. On n'est pas dans le cas de viols comme dans les films, avec un prédateur inconnu. Ici, l'agresseur peut être une connaissance, de tels faits peuvent se produire à la fin d'une soirée trop arrosée. Et dans tout les cas, le message doit être clair : il faut en parler".

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