SNCB: l'Open VLD veut des "points train" et la vente des tickets dans les commerces

Pour les députées Open VLD, les commerces pourraient vendre des tickets de train.
Pour les députées Open VLD, les commerces pourraient vendre des tickets de train. - © ERIC LALMAND - BELGA

On connaissait les points poste, l'Open VLD réclame l'ouverture de "points train". Si les points poste permettent à des commerces privés (librairie, supermarchés...) d'effectuer des opérations postales, les "points train" fonctionneraient sur le même principe avec la vente des billets de train. Une manière pour ceux-ci d'offrir aux voyageurs de nouvelles solutions, à l'heure de la fermeture des petites gares et la réduction des heures d'ouvertures des guichets. C'est en tous les cas le demande de deux députées fédérales libérales, Sabien Lahaye-Battheu et Nele Lijnen.

La vente d'un nombre limité de produits

"Les points poste sont exploités dans des commerces existants et ne proposent pas la gamme complète des services postaux, mais seulement les services et produits postaux dont les clients ont régulièrement besoin. Les "points train" pourraient être conçus selon la même logique. Il est, par exemple, parfaitement possible d’y organiser la vente de "pass" (Rail Pass, Go Pass, Go Pass 1) ou de titres de transport simples (billets standard, senior ou enfant), ou la prolongation des abonnements, tandis que la vente de nouveaux abonnements, de billets internationaux ou de produits plus complexes en serait exclue", avancent les deux députées qui ont déposé une proposition de résolution. "Ces points train pourraient également apporter une plus-value aux arrêts existants dépourvus de bâtiment voyageurs et pourraient ainsi, par l’intermédiaire d’un commerçant situé à proximité immédiate de l’arrêt, offrir le même service."

Pour l'Open VLD, la fermeture des guichets ou la réduction de leurs heures d’ouverture, en lien avec la croissance du nombre de titres de transports vendus en ligne "a, dans la plupart des cas, des effets collatéraux pour le voyageur. Ainsi, les salles d’attente sont souvent accessibles uniquement lorsqu’une surveillance est assurée dans le bâtiment de la gare. Il en va souvent de même pour l’accessibilité des installations sanitaires. La fermeture (limitée) des guichets de gare a dès lors pour les voyageurs une incidence plus grande qu’il n’y paraît à première vue."

Son ticket avec son sandwich ou son café

De nombreux bâtiments de gare sont aujourd’hui totalement ou partiellement vides, rappellent les mandataires. "Outre les guichets et les salles d’attente, il y a par exemple aussi les anciens locaux d’habitation du chef de gare ou les anciens postes de signalisation qui doivent être réaffectés. Certains bâtiments de gare ont déjà fait l’objet d’une réaffectation, mais d’autres sont totalement ou partiellement vides depuis des années. Ces espaces – qui sont souvent bien situés – n’offrent aucune plus-value aux voyageurs ni au voisinage. Ces espaces pourraient pourtant être utilisés de façon créative et offrir une énorme plus-value tant pour les voyageurs que pour la SNCB. On peut ainsi envisager une affectation commerciale accordant une attention spécifique aux besoins des usagers du train. Un commerce dans les murs de la gare qui, outre des produits purement commerciaux (journaux, café ou sandwichs, par exemple), propose également une offre limitée de produits SNCB et qui peut ouvrir la salle d’attente (et, le cas échéant, les installations sanitaires) aux voyageurs, offre cette plus-value. Par analogie avec les points poste, il nous paraît dès lors souhaitable de parler dans ce cas de "points-train"."

Le VLD ne veut pas d'une privatisation totale

Mais gare à une externalisation totale en matière de vente de billets de train. "Notre intention n’est absolument pas de fermer les guichets existants au profit des "points train". Lorsque la demande est suffisante pour justifier un point de vente physique de produits de la SNCB, les guichets apportent une réelle plus-value. Par ailleurs, il faut maintenir suffisamment de points de vente et assurer une répartition géographique adéquate pour les produits "plus complexes". En revanche, il est évident que si la SNCB envisage la fermeture (partielle) d’un guichet de gare, le "point train" doit être envisagé comme première solution de rechange, à aménager de préférence au sein du bâtiment de la gare." En son temps, bPost avait convenu de remplacer chaque agence postale en voie de fermeture par un point poste.

Une excellente idée pour Navetteurs.be

Pour Gianni Tabbone de l'ASBL Navetteurs.be, interrogé par la RTBF, cette idée de "points train" est "excellente". "Aujourd'hui, on constate qu'il y a de plus en plus de guichets fermés après certaines heures, même dans des gares importantes. Certes, il reste la commande de tickets par Internet ou via les automates. Mais il y a des personnes qui ont besoin d'un contact humain et qui ne maîtrisent pas nécessairement ces nouveaux outils. Ces "points train" sont une bonne idée même si on rétorquera ce n'est qu'une manière de palier le travail que doit normalement fournir le service public et donc la SNCB."

Selon Navetteurs.be, des projets similaires ont déjà été mis sur la table lors de discussions entre direction de la SNCB et associations de voyageurs.

"Nos canaux de vente sont nombreux"

La SNCB n'envisage en tout cas pas d'ajouter un nouveau canal de vente. Thierry Ney, porte-parole, rappelle que le réseau de vente compte, en dehors des guichets, plus de 700 automates "sans oublier la vente en ligne, le mobile ticketing... Dans les trains, il y a aussi les accompagnateurs. Les canaux sont donc multiples et variés." Pas à l'ordre du jour, donc, d'ouvrir des points train. "La SNCB préfère se concentrer sur ses canaux existants." La société rappelle également que les formules tarifaires étant nombreuses, celles-ci exigeraient aussi des formations spécifiques et donc un coût pour le personnel d'éventuels "points-train". "Un coût qu'il faudra à un moment donné répercuter auprès de l'usager."

A noter enfin que sur 860.000 voyageurs comptabilisés chaque jour dans les trains, 65% sont des abonnés. 

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