SLFP: le rapport interne sur la manif "ne répond pas aux questions"

Un rapport de 70 pages que la RTBF a pu se procurer fait le point sur les dérapages survenus lors de la manifestation nationale du 6 novembre. Ces incidents avaient fait 120 blessés parmi les policiers. Ce débriefing technique est signé par un professeur en maintien de l'ordre de l'école nationale de police. Et c’est le chef de corps de la police de la zone Bruxelles capitale-Ixelles qui en avait fait la demande.

Le rapport met surtout en exergue des problèmes d'équipement. Le document qualifie notamment l'environnement des policiers pris dans les affrontements ce jour-là de "terrain de guerre". L'image des forces de l'ordre revêtues de leurs tenues de combat a, selon le rapport, échauffé les esprits des manifestants.

L'attitude des agents n'est pour autant pas pointée du doigt. "Bien que la police a été la cible d'une violence extrêmement hostile, les agents ont agi avec beaucoup de sang-froid, de courage et de sacrifice de soi. Le plus grand problème n'est pas leur attitude mais bien leur équipement", dénonce le rapport.

Les forces de l'ordre se plaignent ainsi d'une pression insuffisante dans les canons à eau, dont les réservoirs étaient en outre épuisés en moins de cinq minutes, que leurs sprays au poivre ne pulvérisaient pas assez loin et que leurs boucliers ronds étaient trop petits.

SLFP: "Ce rapport ne répond pas aux questions"

Ce document ne satisfait pas les syndicats. Vincent Gilles, président du SLFP police (Syndicat libre de la fonction publique), en a pris connaissance et, selon lui, "ce rapport remet en question un certain équipement, la pression d’eau des arroseuses par exemple ou des erreurs de commandement opérationnel. Le problème de rapport et de celui qui l’a produit est qu’il part du bas pour monter vers le haut mais s’arrête à un certain niveau. Pour notre part nous avons toujours exigé que l’on parte du haut, et le niveau le plus haut c’est en fait l’autorité administrative, c’est-à-dire le bourgmestre, en ce qu’il a donné des ordres, ou pas donné d’ordre, ou quel ordre il a donné. Pour le moment nous ne le savons pas. Dire simplement que la pression d’eau était trop faible, c’est un peu court. La question est tout autre : comment se fait-il que ni l’autorité administrative, ni le responsable opérationnel n’ont pas tenu compte de la pression bien connue des canons à eau ? Notre objectif est de savoir si chacun dans sa fonction à bien joué son rôle et a bien fait usage de tous les moyen qui lui étaient donnés. Ce rapport ne répond pas à cette question".

Ce rapport sera sur la table ce mercredi du comité supérieur de concertation de la police intégrée.

Les trois individus placés sous mandat d'arrêt pour leur implication présumée dans les incidents lors de la manifestation nationale du 6 novembre ont été libérés sous conditions par le juge d'instruction en charge du dossier.

A.L. avec R. Sadani

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