Sida: une ASBL liégeoise organise un dépistage délocalisé et mobile

Créée il y a 5 ans, l'ASBL liégeoise est le relais entre les centres de soins, principalement le Centre de référence sida du CHU, et la population à risques.
Créée il y a 5 ans, l'ASBL liégeoise est le relais entre les centres de soins, principalement le Centre de référence sida du CHU, et la population à risques. - © Martial Giot

La Journée mondiale de lutte contre le sida aura lieu le 1er décembre prochain. Juste avant, du 24 au 28 novembre, est organisée la "European testing week", la semaine européenne du dépistage. Deux événements auxquels participera l'ASBL liégeoise Sida Sol. Créée il y a 5 ans, elle est le relais entre les centres de soins, principalement le Centre de référence sida du CHU, et la population à risques.

Une des principales idées fondatrices de Sida Sol est d'organiser un dépistage du VIH délocalisé et mobile, ciblé sur les publics à risques, des publics vulnérables, qu'ils soient homosexuels, migrants de l'Afrique sub-saharienne, usagers de drogues injectables ou encore SDF ou travailleurs du sexe, notamment.

L'idée était pertinente, comme le démontrent ses résultats. Outre ses permanences fixes, Sida Sol dispose depuis un an d'un véhicule permettant des tests mobiles. L'ASBL entend les augmenter, pour autant que les soutiens politique et financier suivent, et multiplier les actions vers les migrants d'Afrique sub-saharienne, chez qui 7,5% des tests se sont avérés positifs, contre 1,7 chez les homosexuels.

Le professeur Michel Moutschen, directeur du Centre de référence Sida du CHU de Liège et président de Sida Sol, évoque l'importance des tests mobiles réalisés par l'ASBL: "On a pu diagnostiquer un nombre tout à fait significatif de nouvelles infections, ce qui est très important puisqu'évidemment ces personnes pourront être traitées et éviter des contaminations secondaires. Si on compare la rentabilité de tests qu'on fait en consultation générale dans un grand hôpital où, dans un pays comme la Belgique, le nombre de nouveaux cas diagnostiqués est très faible, ici, on a des pourcentages qui sont beaucoup plus importants".

Dans notre pays, le virus n'est plus forcément mortel, à condition qu'il ait été détecté à temps et que le malade ait accès à une tri-thérapie. Or, sur 27 000 personnes infectées en Belgique, seule la moitié est suivie médicalement.

A Liège, le nombre de séropositifs estimé est de 4 à 4500. Le Centre de référence sida du CHU suit un petit millier de patients. Et certains n'ont pas de couverture sociale. Joëlle Defourny, directrice de Sida Sol: "Dans la fréquentation des consultants, on a 20% de personnes qui n'ont pas de sécurité sociale et 10% qui sont en train de se mettre en ordre. Si elles n'ont pas de couverture, elles sont dans le cas de l'aide médicale urgente. Elles auront donc accès à un traitement, mais elles n'auront pas accès à un hébergement ni accès à une aide sociale".

Il y a aussi des personnes parmi elles qui sont menacées d'une expulsion: "Ces personnes se cachent, et potentiellement, c'est aussi un réservoir d'infections non traitées. Il faut vraiment rendre le traitement accessible à tous à partir du moment où on est diagnostiqué positif".

Martial Giot

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