Coronavirus en Belgique : "Être masqués à 1m50 de distance dans l'Eden, ça n'a aucun sens"

Si c'est pour faire des concerts avec de la distanciation physique ça n'a aucun sens.
Si c'est pour faire des concerts avec de la distanciation physique ça n'a aucun sens. - © Tous droits réservés

Un appel, un de plus pour rappeler que la culture attend toujours désespérément des perspectives pour pouvoir exister, se réinventer. Le directeur du centre culturel l’Eden à Charleroi apparaît dans une vidéo qui tourne sur les réseaux sociaux. Nous l’avons rencontré au milieu de sa salle de concert transformée en espace de stockage provisoire.


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Pourquoi cette intervention ? Parce que pour lui, "il est temps de prendre la parole. Ce n’est pas un coup de gueule impulsif mais quelque chose de totalement raisonné. On s’est tu depuis plusieurs mois parce qu’on estimait que la situation sanitaire était grave. En plus notre situation n’est pas la plus à plaindre puisque nous avons des subsides qui sont maintenus pendant cette crise. Il y a des boîtes dans l’événementiel, des écoles de danse qui vivent de leurs inscriptions et qui vivent des difficultés pires que nous. Mais maintenant, il est temps qu’on nous donne des perspectives".

Une culture à réinventer ?

La culture pourra prendre différentes formes dans les mois à venir. "On n’a pas peur de se réinventer. Si c’est pour devoir appliquer la distanciation physique dans une salle de spectacle pendant plusieurs mois et mettre 50 personnes dans l’Eden, ça n’a aucun sens. Notre boulot c’est de rapprocher les gens, faire de la mixité sociale et partager une émotion collective."

La culture ce n’est pas que des milliers de personnes rassemblées sur des plaines pendant l’été

On peut dès lors imaginer d’autres formes, d’autres formats. "On pourrait faire du plein air pendant l’été, des ateliers, des stages culturels de proximité. Mais pour ça, il faudrait nous donner des perspectives. La culture ce n’est pas que rassembler des milliers de personnes sur une plaine sur un festival pendant l’été."

Un besoin de se réinventer qui doit d’abord obtenir un feu vert fédéral et un cadre précis : combien de personnes, dans quelles conditions, en extérieur ou intérieur, à partir de quand. Sans ces éléments, la culture ne pourra pas renaître.

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