Serge Moureaux se souvient: "Le viaduc Herrmann-Debroux a été construit sans permis"

On ne passe plus sur le viaduc Herrmann-Debroux.
2 images
On ne passe plus sur le viaduc Herrmann-Debroux. - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

A Auderghem, le viaduc Herrmann-Debroux sera fermé à la circulation automobile au moins jusque jeudi matin, suite à des problèmes de structures. Des structures qui datent de la fin des années 60 et du début des années 70, à la construction de l'ouvrage d'art. Et pourtant ce si imposant ouvrage d'art a été construit sans permis d'urbanisme.

Serge Moureaux, ancien échevin de l'Urbanisme de l'Agglomération bruxelloise, bien avant la création de la Région, se souvient très bien de cette période. Interrogé par la RTBF, il explique qu'à l'époque, "l'Etat belge était maître de l'administration des routes et c'est cette administration des routes de Bruxelles-Capitale qui a construit le viaduc. Il a été construit sans demande de permis. A l'époque, l'Etat central estimait qu'il n'avait pas à le faire."

Un procès-verbal dressé à l'époque

Rapidement, lorsque les autorités locales bruxelloises apprennent l'absence de procédure légale, elles s'opposent fermement. "Comme échevin de l'Agglomération, j'avais considéré qu'il s'agissait d'une violation de la loi car la loi sur l'urbanisme ne permettait pas à l'état de se distancer d'un permis de bâtir pour construire un ouvrage routier. Nous avons alors pris des dispositions pour faire interdire l'ouverture de cet ouvrage."

Procès-verbal est dressé. Et pourtant, cet axe de pénétration dans Bruxelles qui fait la jonction avec l'autoroute E411 sera malgré tout ouvert à la circulation automobile. "L'Etat central a passé outre notre interdiction." Après négociations, Bruxelles accepte de fermer les yeux. Il n'y aura pas d'action en justice. Mais la capitale obtient une garantie: que le viaduc ne poursuive pas sa route jusqu'à l'actuel boulevard Général Jacques et l'avenue de la Couronne, en passant à travers le campus de La Plaine de l'ULB. "Nous avons obtenu que l'autoroute s'arrête à l'entrée du campus de La Plaine", ajoute Serges Moureaux. "Notre action a eu un effet de stopper les autoroutes de pénétration" dans la région bruxelloise.

Un lien de cause à effet

Aujourd'hui, le viaduc présente des problèmes de structures. Bien que de l'eau ait coulé sous les ponts, un lien avec cet absence de permis peut-il être établi? Serge Moureaux ne l'exclut pas. "L'Etat se dispensait de tout contrôle dans la délivrance du permis, de la part de l’administration de l'urbanisme et de la commune. Il estimait était maître de tout. Donc il peut y avoir une relation de cause à effet entre ces défauts et l'absence de permis qui était la règle à l'époque dans l'esprit de l'administration centrale. Raisonnablement, on peut penser qu'il n'y a pas eu de contrôle du chantier à la fin des travaux du viaduc." D'ailleurs, rappelle Serge Moureaux, ce n'est qu'après la polémique du viaduc Herrmann-Debroux que l'Etat central a été contraint de solliciter des permis pour chacun de ses chantiers sur le territoire bruxellois.

A l'heure du débat sur un possible démantèlement du viaduc Herrmann-Debroux et deux ans après avec la destruction du viaduc Reyers à Schaerbeek, Serge Moureaux abonde dans ce sens. "Je pense que les ouvrages de ce genre sont voués à disparaître pour rétablir une circulation normale au niveau du sol et éviter d'injecter des automobiles en nombre dans une agglomération bruxelloise."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK