Semaine des diététiciens: 6 idées préconçues sur les fruits

Les diététiciens ont choisi de mettre les fruits à l'honneur cette semaine
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Les diététiciens ont choisi de mettre les fruits à l'honneur cette semaine - © Flickr - Vince Wingate

Comment bien les consommer, sans trop de risque en cas de problème de santé? Ou comment en faire manger à des enfants qui n'aiment pas ça? A l'occasion la semaine annuelle des diététiciens, les professionnels de la nutrition mettent les fruits à l'honneur. Laurence Dieu, diététicienne au CHR Mons-Hainaut, démonte avec nous quelques idées reçues.

Selon la dernière enquête de l'Observatoire de la santé du Hainaut, seul un Hennuyer sur deux consomme des fruits chaque jour. C'est nettement moins que la moyenne nationale. Est-ce lié à des facteurs socio-économiques? Cela coûte-t-il cher de mettre chaque jour des fruits dans son alimentation?

"C’est vrai qu’on peut parfois entendre ce genre de choses. Mais on constate aussi que le calendrier des fruits de saison est mal connu. C’est donc parfois intéressant de sensibiliser les personnes sur le fait que des fruits de saison, des fruits locaux, qu’on va trouver sur les marchés sont nombreux et qu’il est bien de les connaître".

On connaît tous la recommandation de consommer cinq fruits ou légumes par jour. Est-ce que cinq fruits équivalent à cinq légumes?

"Je pense que le principal message qu’on a voulu faire passer avec cette recommandation, c’est d’intégrer des fruits et des légumes dans son alimentation quotidienne. Mais si on mange cinq rations de fruits par jour, on va exploser notre consommation de sucre et de calories. L’objectif n’est pas d’être frugivore ! Il faut manger un peu de tout".

 

La consommation de fruits est-elle adaptée à tous les régimes alimentaires? Est-ce une bonne idée d’intégrer des fruits dans son alimentation quand on veut maigrir ou qu’on a du diabète?

"Même en étant diabétique, on est toujours omnivore. Ce qui est important, aussi quand on veut perdre du poids, c’est de savoir que le sucre du fruit est associé à des fibres, à des vitamines et des minéraux, et que la digestion du fruit entier ne se fait pas comme celle d’un jus. Une personne diabétique doit donc manger des fruits, mais il est important qu’elle en connaisse les effets sur son diabète et son type de diabète".

Si je bois mon jus d’oranges tous les matins, ai-je ma dose de fruits pour la journée?

"On n’aura pas le même apport nutritionnel. Si on souffre d’une pathologie comme le diabète, il vaudra malgré tout mieux manger une orange entière plutôt que pressée : la digestion du jus se fait extrêmement vite et la personne risque d’avoir une élévation de sa glycémie très importante. Si on n’est pas diabétique, un jus de fruits ne pose pas de problème, mais ça ne pourra pas être l’apport exclusif en fruits, ni la seule boisson car ce n’est pas de l’eau. Attention aussi au jus de fruits industriel, même sans sucre ajouté, il aura la même valeur en sucre que du coca".

Lorsqu’un enfant refuse de manger des fruits, faut-il pour autant se décourager?

"Non, il faut persister : quand un enfant se méfie d’un aliment, il sera important de lui en présenter régulièrement. S’il voit ses parents ou ses copains en manger, il sera plus enclin à goûter. Si on a la possibilité de faire de petits ateliers cuisine avec lui, il pourra toucher et manipuler les fruits et passera peut-être le cap. Proposer des fruits à l’école est aussi très utile : l’enfant verra les autres en manger, se méfiera moins et pourra se dire que ça existe et entamer une discussion autour de cet aliment".

N’inclure aucun fruit dans son alimentation peut-il avoir des conséquences importantes sur la santé?

"La consommation de fruits apporte des fibres utiles dans la prévention de certaines maladies comme le cancer du côlon. A nous diététiciens de trouver une piste pour permettre à ceux qui ne mangent jamais de fruits, qui n’aiment pas ça de compenser leurs carences, grâce à d’autres aliments, riches en fibres et en vitamines C, comme les crudités par exemple. Autrefois, les marins souffraient de scorbut, par manque de vitamine C, mais aujourd’hui, comme on consomme des légumes crus, c’est une maladie que l’on ne rencontre plus".

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