Sécheresse et chaleur de l'été se répercutent cet hiver dans nos assiettes

Celui qui promène son caddie dans les allées d'un supermarché aura peut-être remarqué une hausse du prix de certains légumes, comme les carottes. Par contre, à l'heure de la mondialisation, pas de pénurie à l'horizon. Il en va tout autrement pour les petits producteurs locaux. Si les récoltes d'été étaient exceptionnelles, celles d'hiver font grise mine. Les cultures pleine terre de choux et de poireaux ont subi de plein fouet la sécheresse et la chaleur de l'été.

Ainsi, à Boneffe, Pauline Huyteberechts (maraîchère) observe un champ vide. "Ici, il devrait y avoir des poireaux de 40 cm avec de larges feuilles, ça devrait être un beau couvert végétal vert". A la place, elle fait rouler une motte de terre sous sa botte. "J'ai repiqué 6000 poireaux en juillet, malgré l'irrigation, ils ont grillé en 48 heures. On est sur une perte de 100%".

Pour d'autres cultures, le constat est plus nuancé mais les choux sont moins nombreux, plus petits, la production est moindre, parfois détruite par des insectes ravageurs qui ont proliféré plus qu'à l'habitude avec la chaleur. "Pour compléter mes paniers bio, je dois acheter certains légumes. Le prix de gros des carottes a triplé". Pour Pauline, les récoltes d'été ne compensent pas les pertes de l'hiver. Elle estime que la sécheresse ampute son chiffre d'affaires d'un quart.

A la coopérative paysans-artisans, la situation n'est pas aussi alarmante. Mais dès la semaine prochaine, ce sera la pénurie de poireaux. La dizaine de petits maraîchers de la région qui fournissent paniers et étalages des magasins arrivent en bout de stock, soit deux mois plus tôt qu'à l'accoutumée. La cause ? Une production bien moindre. La coopérative va se tourner vers des producteurs de la province de Luxembourg.

Il y a également moins de carottes, moins de choux, les calibres des oignons sont bien moindres. Les courges, comme les butternuts, se conservent moins bien. La sécheresse et les fortes chaleurs de cet été se répercutent de diverses façons cet hiver chez nos producteurs locaux et donc - in fine - dans nos assiettes.

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