Sécheresse : avec deux semaines d'avance, on se presse pour récolter les pommes des jardins

La "maraude" de l'association villageoise s'est faite cette année en avance
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La "maraude" de l'association villageoise s'est faite cette année en avance - © S. Vandreck

Des pommes tombées par dizaines au pied des arbres avant même d’arriver à maturité, des branches qui craquent sous le poids des fruits… Bon nombre de jardiniers amateurs se sont retrouvés face à cette situation cet été. "Cette année, les pommes sont clairement en avance. Ça fait déjà un mois qu’elles tombent. C’est clairement une des conséquences de la sécheresse", constate Yvan dans son jardin de Godinne, dans le Namurois. Jimmy Latinis, qui exploite un pressoir à fruits à quelques kilomètres de là, à Bois-de Villers, confirme la tendance de cette année : "Les fruits ont mûri plus vite et les fruits tombent car les arbres ont soif. La production a été abondante cette année chez les particuliers qui ont des anciennes variétés. Beaucoup de clients souhaitent donc valoriser ces fruits et ne pas les voir partir bêtement au compost", commente-t-il.

C’est la première année qu’on récolte aussi tôt

Parmi ceux qui ne veulent pas perdre ces pommes, il y a le GAGM, le groupement qui anime les fêtes du village de Godinne. Chaque année, petits et grands font le tour des jardins d’une dizaine d’habitants, qui leur mettent à disposition les pommes de leurs pommiers. Ces fruits sont l’un des ingrédients principaux de la "Godinnette", une boisson servie par l’association lors des festivités comme le marché de noël. Après avoir été annulée l’an dernier, faute de pommes sur les arbres, la "maraude" de cette année a pris quelques semaines d’avance et l’association a dû battre le rappel pour trouver des volontaires. "Le bouche-à-oreille a bien fonctionné, se réjouit Marc, l’une des chevilles ouvrières. Tout le monde était prêt. Cela n’a posé aucun problème. C’est un peu triste de voir tous ces fruits au sol et puis certaines personnes nous appellent en urgence parce que la tondeuse ne passe plus ! C’est la première année qu’on récolte aussi tôt. Les autres années, on ne presse pas les pommes qui tombent et ne sont pas encore mûres. Mais cette année nous allons faire l’essai. Le pressage aura lieu mardi et on verra le résultat".

Un pressage en urgence

Pour répondre à leur demande, ainsi qu’à celle de particuliers toujours plus nombreux, Jimmy Latinis doit d’ailleurs mettre son pressoir en route avec plus de deux semaines d’avance, c’est-à-dire dès lundi. "On avait d’autres tâches prévues comme des révisions de machines, mais on doit s’organiser pour pouvoir faire ce dépannage de pressage urgent. Certains clients avaient pris rendez-vous pour la troisième semaine de septembre et nous contactent un peu affolés en expliquant que les trois-quarts de leur récolte sont par terre. Or les fruits abîmés pourrissent très vite". D’ailleurs les membres du GAGM s’apprêtent à encore trier leurs fruits avant le pressage. "D’ici lundi soir, quand nous porterons les pommes au pressoir, il risque d’y avoir des pertes. Si les pommes sont correctes, ça devrait faire 4-500 litres de jus. Mais il faudra voir aussi la qualité", s’inquiète Albert, un autre bénévole. Habituellement, la saison du pressage des pommes s’étale de la mi-septembre à fin novembre.

Reportage de notre journal télévisé du lundi 24 août :

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