Se préoccupe-t-on encore de l'ancienne piscine Solvay à Couillet ?

Lorsque l’immeuble est édifié, c’est pour répondre au besoin d’épanouissement social et culturel du personnel de la soudière Solvay. Le bâtiment abritait une piscine, une salle de spectacle, un casino, un restaurant et des espaces polyvalents. L’architecture est imposante. La façade avant intègre une haute rotonde vitrée qui domine l’espace public.

L’immeuble a fermé ses portes au début des années 1990 avec la fermeture de la soudière. Il a été ensuite revendu par son propriétaire, l’ULB, Université Libre de Bruxelles, en 2005. C’est une asbl qui a racheté le bâtiment. Elle promettait d'y effectuer des travaux et de le transformer en mosquée mais, depuis des années, plus rien ne bouge.

Selon Luc Parmentier, conseiller communal Ecolo à Charleroi, " L’actuel propriétaire de l’immeuble doit payer des taxes communales. Il ne doit donc pas être bien difficile de remonter jusqu’à lui pour lui demander des comptes à propos du délabrement des lieux. Il est plus que temps d’agir car, d’ici quelques années, il faudra démolir ce bâtiment qui est quand même le témoignage architectural d’une certaine époque. "

Un photographe sensiblisé

Gilles Durvaux est Carolo et, en tant que photographe, il a réalisé quelques clichés étonnants pour le site internet postindustriel.be. Il se passionne pour les friches industrielles et ne comprend pas la négligence des institutions publiques dans le suivi de ce bâtiment qui est aujourd'hui classé au patrimoine wallon. Il déclare : " J’éprouve un sentiment mêlé de révolte et de colère. Je vois le bâtiment s’abimer de jour en jour car je passe devant presque tous les jours. A chaque passage, je constate un carreau cassé supplémentaire. Quelque part, c’est vraiment la mort lente d’un édifice remarquable et ça c’est inacceptable. Ca fait partie intégrante du patrimoine carolorégien, de son patrimoine industriel. Le passé industriel de Charleroi est quand même à prendre en compte et à mettre en avant pour l’identité future de la ville. Pour moi, il n’est absolument pas question de laisser pourrir les choses de cette manière. "

Luciano Arcangeli, Daniel Barbieux

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