SDF délogés à Namur: la Ville maintient le règlement anti-mendicité, mais l'assouplit

Après l'évacuation mouvementée de SDF ce samedi à Namur, voici venu le temps de la discussion. Le règlement anti-mendicité adopté le 29 juin par le conseil communal pour une période de trois mois avait suscité une levée de boucliers.

Samedi, des rassemblements de SDF qui avaient planté leur tente sur la place d'Armes ont donné lieu à une intervention musclée de la police pour les déloger. 

Dimanche, le bourgmestre en titre de Namur, Maxime Prévot (cdH), a justifié l'intervention des forces de l'ordre mais annoncé le dialogue.

Assouplissement

Ce lundi, les autorités communales et les services sociaux de la ville ont donc rencontré une délégation de SDF dans un climat qui reste tendu.

Les mendiants demandaient la suppression du règlement anti-mendicité, ce qui n'est pas possible pour la ville : "Le règlement ne saurait pas être assoupli administrativement dès lors qu’il a été validé par le conseil communal et que le conseil communal ne se réunit pas avant le mois de septembre, avait averti Maxime Prévot qui veut un accompagnement social des mendiant mais aussi que l'ordre soit garanti à Namur.

Pendant le mois de fermeture de l'abri de nuit (22 juillet-22 août), le règlement sera cependant assoupli et la mendicité sera tolérée, a-t-on appris à la sortie de la réunion.

Autre problème abordé: le fait que les douches ou lavoirs mis en place par les travailleurs sociaux sont parfois payants. Là encore, l'interdiction de la mendicité ne permettrait plus au public précarisé de se payer ces services.

Maxime Prévot a assuré que la ville s'engageait à couvrir les frais de ces services durant la durée de l'interdiction de mendier.

Un groupe de travail mixte sera en outre mis sur pied.

Simon Ludwig, le mendiant qui a été évacué de force ce week-end de la place d'Armes n'est pas satisfait : il déclare qu'il continuera à dormir "à la cloche" et à mendier avec une pancarte.

Sa demande de convoquer un conseil communal extraordinaire pour supprimer le règlement n'a pas été retenue : "Le politique agit dans l'urgence. (...) Cette réunion n'a servi qu'à cacher la misère", dit-il.

Simon Ludwig réclame l'abrogation totale du règlement anti-mendicité. Il conteste l'aménagement annoncé, qui ne sera valable que trois semaines, et interdit tout de même de faire la manche pendant les deux mois suivants.

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