Schaerbeek : les riverains du "Carré des Chardons" s'opposent au projet porté par l'Ecole Pistache

Un vaste projet immobilier va-t-il voir le jour en plein milieu d'un intérieur d'îlot derrière la rue des Chardons à Schaerbeek ? Les riverains dénoncent un projet démesuré qui augmentera les nuisances dans le quartier. Projet au détriment aussi d'une grande zone verte.

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L'entrée par la rue des Chardons © RTBF

On y accède par une " dent creuse " au milieu de la rue des Chardons. Derrière le petit grillage, 6000 mètres carrés où sont logés une vingtaine de potagers d’habitants du quartier. " Il y a toutes les générations, c’est un espace de rencontre, de découverte pour les enfants " nous explique Armonie Lacroix, membre du comité de défense du " Carré des Chardons " et habitante du quartier.

Un terrain constructible 

Mais si le projet se réalise, fini les potagers. Ce seront trois immeubles de cinq étages et une septantaine d'appartements qui vont pousser à cet endroit. Mais aussi une école privée pour 200 élèves, un gymnase et un parking souterrain de 70 places. " Regardez les plans, il n’y a plus beaucoup de zones vertes ".

Voilà pourquoi le comité s'oppose fermement à cette promotion immobilière. " On peut comprendre que les propriétaires veulent valoriser leur terrain et on est conscient qu’il peut y avoir des constructions sur ce terrain. Mais il faut que ce soit dans le respect des riverains, de l’environnement, de la mobilité. Et ce n’est pas le cas avec le projet actuel qui nous semble complètement démesuré. Cela ne sera d’ailleurs pas sans conséquence sur le trafic automobile déjà très dense et la qualité de l’air ici dans le quartier ".

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Schaerbeek : les riverains du "Carré des Chardons" s'opposent au projet porté par l'Ecole Pistache © Tous droits réservés

Derrière le projet: l'école Pistache 

Derrière le projet en question, il y a une école, assez rare, une école publique bilingue: l'école Pistache. Au départ privée, elle est aujourd'hui subventionnée par la Communauté flamande. L'idée est d'offrir un bain dans les deux langues, français et néerlandais, aux 125 élèves. L'école est jeune, presque 10 ans, et aujourd'hui elle est à l'étroit. Sa directrice Véronique van Merris explique: "Oui c'est beaucoup trop petit, on a encore deux classes à créer, puisque pour le moment, on va jusqu'à la 4ème primaire. Et on a déjà trop peu de places. C'est vraiment un grand problème pour nous. Si on ne sait pas faire le nouveau bâtiment, on devra arrêter l'école et mettre 120 enfants dans la rue. On ne sait pas grandir ici" [L'école a deux implantations, l'une Boulevard Lambermont, l'autre, Place Dailly].

Financer l'école avec les appartements 

L'école Pistache ne reçoit pas de budget infrastructures de la part de la Communauté flamande. Juste de quoi payer le personnel et financer le fonctionnement. C'est comme ça qu'est née l'idée de ce projet mixte d'école et d'appartements: "Les appartements nous permettront de financer l'école. On veut trouver une solution avec les riverains. S'ils trouvent que 70 appartements, c'est trop, on peut diminuer un peu le nombre. Mais on en a besoin pour financer l'école".

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Les riverains se mobilisent © RTBF

Avis négatif de la commune

La commune elle est sur la même longueur d’onde et partage l'analyse des riverains. " Il y a un an, on a déjà reçu les plans du promoteur. Et on lui a dit que c’était non ", rappelle Bernard Clerfayt, le bourgmestre. " C’est un projet qui est beaucoup trop ambitieux, qui touche beaucoup trop aux qualités de l’intérieur de l’îlot pour que l’on puisse l’accepter. Donc la commune est à l’écoute des riverains. Et on émettra un avis négatif en ce qui nous concerne ".   

Mais c'est la Région qui tranchera sur la délivrance du permis comme c’est le cas habituellement pour ces projets d’envergure.

En attendant, la commune rappelle aux riverains que ce terrain reste un terrain à bâtir. " Il ne s’agit pas de s’opposer à toute construction. Mais il faut que les constructions qui viennent ici ne mettent pas trop à mal les qualités paysagères, le calme, la quiétude etc. ", précise Bernard Clerfayt.

Élaborer un plan d'aménagement concerté

Alors pour éviter le même scénario à l’avenir, la commune dispose-t-elle d’une marge de manœuvre pour encadrer d’éventuels futurs projets ? " Cette demande nous rappelle en tous cas que nous avons la possibilité de développer un PPAS, un Plan Particulier d’Affectation du Sol, pour que la commune puisse co-organiser avec la tutelle régionale, avec les riverains, avec aussi les propriétaires, le type de construction que l’on peut permettre sur le site. Et sans doute qu’après cette procédure qui je l’espère aboutira à un refus de permis, nous pourrons élaborer un plan d’aménagement concerté ".  

La réunion de concertation s'est tenue ce jeudi 14 février prochain. L'ambiance y était tendue. La commune devrait remettre un avis la semaine prochaine. Ensuite, la balle sera dans le camp de la Région bruxelloise. 

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