Schaerbeek à la veille des élections: le PS décapité, un boulevard pour Clerfayt ?

Schaerbeek à un an des élections: le PS décapité, un boulevard pour Clerfayt ?
Schaerbeek à un an des élections: le PS décapité, un boulevard pour Clerfayt ? - © FlickR/Marie-Hélène Cingal

Dynamique, attractive, branchée, financièrement plus saine: la commune de Schaerbeek va beaucoup mieux qu’il y a quelques années. La majorité l’affirme, l’opposition l’admet, les chiffres le confirment.

Mais la cité des ânes continue d’être traversée de contrastes: entre haut et bas de la commune, entre populations aisée et défavorisée, entre quartiers nantis aérés et populaires très denses.

La gestion du boom démographique (+19% de la population en dix ans) reste d’ailleurs le principal défi, en termes de mobilité, de stationnement et d’équipements collectifs notamment.

Pour le bourgmestre (Défi), Schaerbeek est le nouveau Saint-Gilles

Quel bilan revendique la majorité ?

Sérieux et continuité : voilà deux termes qui reviennent souvent au sein du Collège pour qualifier le travail effectué sous cette législature. La majorité LB/Ecolo/CDH est particulièrement satisfaite d'avoir:

  1. accéléré le redressement de la commune et de son image;
  2. à nouveau fait baisser la criminalité (-38% depuis 2002);
  3. retrouvé un équilibre budgétaire après une longue traversée du désert;
  4. rénové l’espace public;
  5. poursuivi à un rythme soutenu la politique des contrats de quartier;
  6. centralisé les services du CPAS pour réaliser des économies d'échelle et rendre un meilleur service aux publics les plus précaires;
  7. ouvert le premier bureau d'accueil francophone pour primo-arrivants en Région bruxelloise.

Au rayon des ratages, la majorité pointe la propreté publique et la difficile concertation avec la Région dans de grands dossiers, comme l’aménagement du carrefour Diamant ou la création du métro Nord.

Quels reproches formule l’opposition ?

PS ou MR: aucun des deux principaux partis d’opposition ne remet en cause le redressement de Schaerbeek sous Bernard Clerfayt, bourgmestre depuis 17 ans. Mais de nombreux Schaerbeekois sont laissés sur le bord du chemin, estime Jean-Pierre Van Gorp (PS): "Le Collège est déconnecté avec toute une partie de la population. Les échevins sont peu connus car ils ne sont pas sur le terrain. 60% des habitants sont en totale rupture avec la commune, avec les activités et évènements qu’elle organise."

Georges Verzin dénonce, lui, une commune duale. "Les chiffres globaux sont bons, mais certains quartiers sont à l’abandon" résume le conseiller communal MR. Selon lui, en certains lieux, les trafics de drogue, les incivilités et l’insécurité chassent la classe moyenne: "Ca menace une mixité à peine naissante."

Pour Georges Verzin (MR), "l’arbre cache la forêt"

Qui se voit bourgmestre en 2018 ?

Devant leur miroir, en se rasant, ils sont sans doute quelques-uns. Mais mis à part ces doux rêveurs, Bernard Clerfayt (Défi, anciennement FDF) semble avoir un boulevard ouvert devant lui.

Dans le Collège depuis un quart de siècle, populaire, il voit en outre sa seule rivale susceptible de lui faire de l’ombre en termes de de voix de préférence rendre les armes. La socialiste Laurette Onckelinx ne se présentera pas en 2018.

Seule ombre au tableau à un mois du scrutin pour la Liste du Bourgmestre (LB), les retraits de deux gros faiseurs de voix : Sait Köse et Halis Kökten.

On prend les mêmes et on recommence ?

A un an du scrutin, personne ne voulait parler ouvertement de coalition. C’est l’électeur qui en déciderait, selon la formule consacrée, la majorité LB/Ecolo/CDH se contentant de souligner sa "bonne cohésion", tant au niveau des équipes que des programmes. Mais au coeur de l'été 2018, LB et Ecolo prennaient de court leur partenaire humaniste en annonçant un accord préélectoral à deux, sans exclure de faire l'appoint, si nécessaire, avec le CDH ou un autre parti.

On scrutera donc avec attention le score du CDH, à l’agonie dans les sondages et qui devra se passer de la populaire Mahinur Özdemir. La liste sera emmenée par l’échevin Denis Grimberghs, qui passera quoiqu’il en soit le flambeau à la jeunesse en cours de législature.

Les verts devront eux se remettre du départ d’Isabelle Durant. Son successeur à la tête de la liste Ecolo/Groen est Vincent Vanhalewyn. Moins populaire, il a obtenu quatre fois moins de voix de préférence que l’ancienne ministre fédérale au dernier scrutin. Mais son statut d’échevin sous cette législature lui aura fait gagner en visibilité.

 Décapité, le PS saura-t-il se relever ?

Deuxième force politique de la commune, le PS est cantonné à l’opposition depuis 2006. Et il aura fort à faire pour en sortir. Ces derniers mois, la section locale socialiste a été littéralement décapitée. Les trois personnalités qui emmenaient la liste PS en 2012 ne se présenteront plus en octobre. Yves Goldstein a quitté le navire pour raisons familiales, Catherine Moureaux est partie à Molenbeek et Laurette Onkelinx prépare son retrait de la vie politique active. Ajoutez-y le retrait de Jean-Pierre Van Gorp, qui ne se présentera plus après près de 30 ans de politique à Schaerbeek. Ensemble, au dernier scrutin, ces quatre candidats totalisaient deux tiers des voix obtenues par le PS.

Alors qui pour tirer la liste en 2018 ? Après de longues tractations tendues en interne, c'est Matthieu Degrez, 33 ans et ancien président du Fédération bruxelloise des Jeunes socialistes, qui a été désigné tête de liste. Le scrutin 2018 s’annonce périlleux, si l’on y ajoute la concurrence du PTB, qui ambitionne de passer de un à deux ou trois sièges.

Le MR aura-t-il les reins suffisamment solides ?

En 2012, suite au divorce entre le MR et le FDF, Georges Verzin avait mené sa propre liste libérale avec pour objectif de faire vaciller la majorité menée par le FDF Bernard Clerfayt. Un pari osé et perdu. La question d’une liste commune s'est à nouveau posée en vue du scrutin de 2018. Les états-majors des deux formations en ont longuement débattu. Mais finalement, le MR se présentera sur une liste à part.

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