"Sans une biodiversité de qualité, il n'y aura plus de faune sauvage et donc plus de chasse"

Nouvelle édition des Journées de la Chasse qui se dérouleront le prochain week-end à la ferme d'Houdoumont, à Verlaine. L'occasion de faire le point avec Charles Wauters, vice-président du Conseil Cynégétique de Hesbaye et chasseur lui-même.

Lors des organisations précédentes, vous vous plaigniez de l'absence de petit gibier dans les plaines de Hesbaye. Quelle est la situation aujourd'hui ?

"Au vu des conditions climatiques notamment cette année, les territoires de chasse qui ont veillé à une gestion de la biodiversité et de la prédation entre autres des becs droits (corneilles et pies) et des renards ont des résultats intéressants. Par contre, ailleurs, la situation reste mauvaise puisque la faune sauvage a pratiquement disparu, de même que la capacité d'accueil de cette dernière au vu des évolutions des techniques agricoles et de l'urbanisation".

En matière de biodiversité, quels sont les efforts des chasseurs ?

"Depuis plusieurs années maintenant, les chasseurs ont compris et ont mis en application la principe que sans biodiversité, l'avenir de la faune sauvage est condamné à court terme. Certains gestionnaires de territoires de chasse au petit gibier s'appliquent à promouvoir chez les agriculteurs, l'implantation de mesures agro-environnementales, et donc à haute teneur de biodiversité. Nous avons certains résultats significatifs, mais trop peu nombreux. Autrement dit, il est indispensable que la politique agricole aide à recréer cette biodiversité capitale pour l'avenir, en orientant judicieusement l'octroi de primes et autres incitants à l'implantation de telles mesures environnementales qui doivent s'intégrer dans les structures agricoles actuelles. Le Conseil Cynégétique de Hesbaye relance le monde administratif et politique sans cesse à cet égard, notamment en insistant pour obtenir des primes largement majorées et mieux adaptées aux exigences économiques de l'agriculture".

Ne devient pas chasseur qui veut... Il y a des examens à réussir ?

"De fait, pour pouvoir chasser dans notre pays et notamment détenir une arme de chasse, il convient de se préparer très minutieusement en vue de réussir deux examens, à savoir un examen théorique et un examen pratique. Les matières concernées par ces examens sont extrêmement intéressantes quant à la connaissance de la faune sauvage, du milieu naturel dans lequel elle vit. La manière de prélever par la chasse cette faune sauvage avec éthique et avec une vision durable est très bien développée. Il en va de même quant à la manipulation des armes, la recherche de l'arme et de la munition les plus adéquates en fonction du gibier concerné. La législation sur la chasse est naturellement concernée par ces cours, de même que toute une série d'autres préoccupations qu'un gestionnaire d'un territoire de chasse doit connaître. Quelques exemples: les chiens, le piégeage, le repeuplement. Les examens ont lieu une fois par an. Ils sont précédés de formations données par des instructeurs dotées de qualités pédagogiques. Cette préparation peut être suivie même par des non-chasseurs et même par des personnes qui n'envisageraient pas de passer leur examen par après". 

Comme les années précédentes, le travail du chien de chasse sera mis en valeur

"Dans la vie d'un chasseur, le chien de chasse représente une importance capitale et une nécessité pour chasser d'une manière éthique. Le chien de chasse aide la chasseur à débusquer le gibier, mais surtout aussi à la retrouver. Cette symbiose entre l'homme et l'animal est absolument exceptionnelle, et lors de ces Journées de la Chasse, des démonstrations très didactiques seront présentées. A l'instar du travail du chien de berger, le travail des chiens de chasse constitue une composante de la ruralité qui est souvent méconnue".

Une nouveauté cette année: la présence d'un simulateur de tir. Quelle est la sa plus-value ?

"C'est absolument exceptionnel. La plus-value est d'ordre éthique. Le simulateur de tir permet au chasseur de sélectionner d'une manière beaucoup plus empirique l'arme et la munition adéquate pour le type de chasse qu'il pratique. Des techniciens ont réalisé un travail remarquable pour permettre à chaque tireur d'identifier les imperfections de son tir et d'y remédier grâce à ce simulateur qui fait ressortir tous les problèmes. L'instructeur qui anime ce simulateur donnera tous les conseils judicieux pour améliorer le tir et ce, d'une manière tout à fait éthique", conclut Charles Wauters.

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