Sans produits phyto, les mauvaises herbes foisonnent dans le cimetière : à Ans, les étudiants ont été appelés en renfort

Les mauvaises herbes, ça pousse vite. Surtout quand on ne peut plus les traiter avec du glyphosate. En Wallonie, l’utilisation des produits phyto-sanitaires est complètement interdite depuis le 1er juin. Ce qui n’est pas sans poser quelques problèmes aux communes, obligées de trouver des solutions.

Ainsi, dans le cimetière de Bolsée, à Ans, on s’active : armés de pelles et de râteaux, les étudiants sont venus en renfort des ouvriers communaux.

On ramasse les feuilles et les herbes qui ont poussé pour les mettre sur le camion. On le fait environ toutes les deux semaines, quand ça a bien poussé, on entretient le cimetière, c’est quand même plus agréable”.

Le premier échevin Walther Herben a décidé de prolonger l’opération "Eté solidaire", dédiée à Ans à des projets de propreté publique : “Elle se terminait le 26  juillet, et le 28 juillet, les herbes ne s’arrêtent pas de pousser. Nous aurons désormais des étudiants jusqu’à la fin du mois d’août pour compenser les vacances des ouvriers

Un renfort rendu nécessaire par l’état des cimetières, parfois dénoncé durement par les citoyens : “Nous sommes confrontés à cette explosion des mauvaises herbes depuis quelques années, et spécialement depuis l’interdiction progressive des phytosanitaires et dérivés, qui sont des produits chimiques, et nous avons donc dû mettre en place des stratégies alternatives simplement dans un devoir de mémoire au défunt”.

Une responsabilité du citoyen aussi

Mais les responsabilités n’incombent pas toutes à la commune : "Nous avons 10.500 sépultures à Ans, c’est plus que le nombre d’habitants ! Nous ne pouvons pas tout gérer, et les tombes sont des propriétés privées, qui doivent être entretenues par la famille. On pourrait y mettre des moyens, mais ce serait aussi injuste pour ceux qui s’acquittent de leur tâche…"

Mais plutôt que de prévoir tout le temps des renforts en personnel, ou d’investir dans de nouvelles machines, la commune d’Ans veut développer une stratégie alternative :
Nous avons essayé d’obtenir et nous avons obtenu un cimetière nature, où nous essayons au maximum de remplacer les mauvaises herbes par des herbes maîtrisées, ce qui est plus simple que tout ce qui est allées, gravillons, etc.

165 "cimetières nature" en Wallonie

Une véritable révolution dans la façon d’envisager les cimetières, avec des plantes grimpantes entre les tombes, mais aussi un pré fleuri, pour favoriser la biodiversité :
“Il y a aussi dans ce pré des ruches, des nichoirs, c’est ça un cimetière nature, c’est aussi un endroit où on peut venir se promener”.

Il y a aujourd’hui 165 cimetières wallons qui ont reçu le label “cimetière nature” et un nouvel appel à candidature a été lancé qui se clôture ce 1er septembre. La tendance devrait se généraliser dans les années à venir.

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