"Sans piscine, sans foire, ce ne sont plus des vacances" : ces Bruxellois qui vont passer tout l'été en ville

"Sans piscine, sans foire, ce ne sont plus des vacances": ces Bruxellois qui s'apprêtent à passer l'été en ville
"Sans piscine, sans foire, ce ne sont plus des vacances": ces Bruxellois qui s'apprêtent à passer l'été en ville - © RTBF

"On devait partir au Maroc, mais on ne partira pas cette année." Entre amertume et compréhension, cet adolescent d’Anneessens s’attend à un été particulier. "Sans piscine, sans foire, ce ne sont plus vraiment des vacances, hein!"

Dans ce quartier modeste du centre de la capitale, trois jeunes gens nous expliquent que cette année, ils ne visiteront exceptionnellement pas leur famille respective dans la région du Rif, là où ils ont l’habitude de passer normalement au moins un mois chaque été. "Pas de voyage au bled", résume l’un d’eux. Pourquoi ? "Ah ça, il faut demander aux parents", répond un autre.

Si pour beaucoup de Bruxellois, les vacances ne seront pas tout à fait comme imaginées il y a quelques mois; dans les quartiers populaires, ces changements seront davantage marqués : de nombreuses familles passeront les deux mois à Bruxelles.

"On ne sait pas s’il y aura une deuxième vague ou pas, explique cette étudiante d’origine marocaine qui habite Molenbeek. Et on ne va pas se mentir, c’est aussi lié à la situation économique." C’est est une réalité objectivée par un rapport de la banque nationale : le chômage économique a touché principalement les familles à faibles revenus. "Personnellement, mon père est chauffeur de taxi, il n’a pas pu travailler", renchérit cette étudiante.

Des rues de loisirs

Beaucoup de ces familles passeront donc deux mois à Bruxelles, avec une offre d’activités réduites, sans parler des jobs d’étudiants qui s’évaporent. "On nous répond qu’on ne peut pas nous accepter, avec la crise et tout ça", nous explique un jeune d’Anneessens.

Certaines communes n’ont pas voulu laisser tomber ces familles. Molenbeek, par exemple, a élaboré un plan vacances. "Le plus important, c’est de libérer de l’espace public, pose la bourgmestre Catherine Moureaux. L’idée est d’aller chercher une rue au moins par quartier, qu’on libère complètement des voitures du 15 juillet au 15 août, et qui devient donc une rue de loisirs."

A Saint-Josse, c’est l’offre d’emplois étudiants qui a été renforcée,"pour venir donner un appui, un soutien dans l’encadrement, dans les jardins publics, dans les maisons de jeunes", détaille le bourgmestre Emir Kir.

JT du 26/06/2020 - Piscines: conditions strictes de réouverture

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