Samusocial: Pascal Smet dit avoir joué le médiateur dans l'intérêt des sans-abris

Pascal Smet (sp.a), lors de son audition devant la commission
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Pascal Smet (sp.a), lors de son audition devant la commission - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Après Evelyne Huytebroeck (Ecolo) et Brigitte Grouwels (CD&V) mardi, Pascal Smet, membre sp.a du collège en charge de l'aide aux personnes, a été entendu ce vendredi par les membres de la commission Samusocial. Il n'a pas voulu empêcher d'accroître le contrôle sur l'association d'aide aux sans-abri, a-t-il dit. Dans un climat tendu, et face notamment à Yvan Mayeur qui se construit (selon lui) dans le conflit, il a voulu jouer les médiateurs pour obtenir plus de contrôle mais en tenant compte de la réalité juridique d'une association de type privé.

Comme l'ex-ministre Brigitte Grouwels (CD&V), il a dit considérer que le PS n'avait pas agi comme un seul homme dans ce dossier. Ainsi, le ministre-président socialiste actuel Rudi Vervoort fut selon lui "le premier à afficher la volonté de contrôler le Samusocial".

"Mon objectif a toujours été les sans-abris. J'ai toujours considéré que le fait que les SDF doivent vivre dans la rue, certainement en hiver, est indigne d'une ville", a dit Pascal Smet. Selon lui, il y a avait une volonté claire et partagée, du moins sur le papier, de constituer une association de Chapitre XII (ndlr: dépendant des CPAS). Mais faute d'accord concret entre les CPAS de la Région, il fallait composer avec le Samusocial, association dans les faits directement liée au secteur public, mais juridiquement de type privé.

Il fallait une négociation

L'actuel gouvernement bruxellois a voulu contrôler davantage le travail de l'asbl fortement subsidiée, mais il ne suffisait pas de le décréter. Il fallait une négociation pour y parvenir au moins partiellement dans un premier temps. Cela a mené à la conclusion d'un contrat de gestion et à la présence partielle de commissaires du gouvernement, en attendant l'élaboration d'une ordonnance actuellement en chantier.

"Vis-à-vis de la Ville de Bruxelles, d'Yvan Mayeur et de Pascale Peraïta au Samusocial, je me sentais parfois dans la position du médiateur... Entre Yvan Mayeur et ma collègue Céline Fremault (ndlr: en charge comme lui de l'Aide aux personnes) aussi, mais ce n'était pas la faute de Céline", a expliqué le ministre.

Pour Pascal Smet, stratégiquement, il fallait ouvrir une brèche pour permettre de faire entrer des commissaires de gouvernement au Samusocial. "Je ne voulais pas être dans la situation d'Evelyne Huytebroeck" (ndlr: en charge du dossier de 2004 à 2014).

Céline Fremault: "Il y a eu des pressions des cabinets"

Des pressions ont été exercées sur certains cabinets pour empêcher d'obtenir plus de transparence sur la gestion du Samusocial fortement subsidié. Le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS) ne s'est pas opposé à la soumission de l'asbl à un contrat de gestion ni à l'envoi de commissaires de gouvernement, a affirmé Céline Fremault devant la commission. La ministre en charge de l'Aide aux personnes au sein de la Commission Communautaire Commune a par ailleurs fait part de son sentiment d'isolement dans son souhait d'aller plus loin dans le contrôle de l'asbl.

"En entamant mon mandat, je me suis proposée de parier sur le fait que l'acteur hégémonique du secteur ne considère plus le travail des autres comme hostile. Mais ce n'est pas ce qui s'est passé par la suite", a dit d'emblée la ministre cdH.

"Chantage au froid et aux morts"

Selon elle, l'asbl n'a cessé d'exercer des pressions fortes en vue d'assurer "un développement inéquitable" dans le secteur via le recours à des courriers d'avocats, à des "sorties de presse alarmistes que l'on peut qualifier de chantage au froid et aux morts"; par une attitude hostile aux projets innovants "perçus systématiquement comme concurrentiels".

Sans jamais citer ceux-ci nommément, elle a évoqué des pressions exercées sur "certains cabinets" avec un résultat variable. Céline Fremault a dit y avoir résisté notamment en ne marquant pas son accord pendant plusieurs semaines sur le projet de budget 2016 de la Commission Communautaire Commune pour obtenir l'établissement d'un contrat de gestion "en raison de la hauteur des subventions accordées au Samusocial".

Dossier comptable complet

Interrogée sur ce point depuis les bancs notamment socialistes, la ministre cdH a précisé que le ministre-président Rudi Vervoort n'avait fait obstruction ni à l'établissement d'un contrat de gestion, ni à l'envoi de commissaires.

La ministre cdH a revendiqué l'initiative de la rédaction du premier contrat de gestion, tandis qu'avant elle, son homologue Pascal Smet avait dit aux commissaires avoir été à la base de la première mouture de celui-ci.

Elle a par ailleurs souligné que depuis le rapport de l'inspection régionale des finances en 2013, l'asbl avait un dossier comptable "très complet si on la compare avec les autres" associations.

Direct dans le JT 13h de ce vendredi

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