Salaires des patrons de la SRIB: Céline Frémault avait été informée

La Ministre de tutelle de l'époque, Céline Frémault, avait été alertée en toute fin de mandat
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La Ministre de tutelle de l'époque, Céline Frémault, avait été alertée en toute fin de mandat - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Alors qu'elle était encore Ministre régionale de l'Economie, et donc qu'elle avait la tutelle sur la SRIB, la société régionale chargée de soutenir la création et la croissance d'entreprises, la Ministre bruxelloise CDH Céline Frémault, a reçu le 3 mai 2014, un courrier électronique émanant d'un administrateur CDH, Stéphane de Lobkowicz, l'informant de salaires démesurés pour quatre dirigeants de l'organisme: Serge Vilain (Président), Jean-Luc Vanraes (Vice-Président), Eddy Van Gelder (Directeur Général) et Etienne Noël (Directeur Général Adjoint). Une estimation, explique l'auteur du mail, faite "à partir de calculs et de déductions que j'ai faits avec la représentante Ecolo au Comité de direction".

1 300 000 euros bruts annuels pour les 4 dirigeants

Stephane de Lobkowicz évoquait alors "1 400 000/1 600 000 €, pour les quatre, ce qui m'apparaît comme étant totalement exagéré et injustifiable". En réalité, d'après le journal Le Soir qui a révélé l'information, c'est précisément de 1 million 300 euros bruts annuels dont il s'agit, donc à peine moins que ce qui est annoncé dans l'e-mail. Le courrier de Stéphane de Lobkowicz avait également été envoyé au président du CDH, Benoit Lutgen, qui, dans Le Soir, estime qu' "aucun mandataire CDH n'étant concerné par ces rémunérations extravagantes, le suivi relève donc du cabinet et pas du parti".

L'auteur du mail jugé "peu fiable" par la Ministre

Justement, au cabinet de Céline Frémault (qui entretemps est devenue Ministre régionale du logement et de l'environnement), on admet aujourd'hui qu'on aurait pu être davantage "pro-actif". Mais on explique aussi que les indications dans le mail n'étaient pas formelles, annoncées "au conditionnel". Et que Stéphane de Lobkowicz, "avec qui les liens s'étaient dégradés", "n'était alors plus jugé fiable par le parti".

Le cabinet n'a cherché à couvrir personne

"Peu fiable?" s'indigne aujourd'hui le principal intéressé: "J'avais tout de même été jugé très fiable 6 mois plus tôt, en décembre 2013, lorsque j'avais été désigné par le cdH, pour 5 ans, comme membre du comité de direction de la SRIB. Je me demande en quoi je n'étais plus fiable en six mois ?"

Quoi qu'il en soit, la Ministre avait bien été alertée, en fin de législature. Et rien n'a changé. Le cabinet l'admet. Mais il insiste, il n'a cherché à couvrir personne: "ne confondons pas innocents et coupables".

 

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