Saint Nicolas: le marketing des jouets est-il sexiste?

Le groupe des jeunes femmes de Vie Féminine a analysés de nombreux catalogues publicitaires
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Le groupe des jeunes femmes de Vie Féminine a analysés de nombreux catalogues publicitaires - © S. Vandreck

Du bleu pour les garçons, du rose pour les filles. En cette période de Saint-Nicolas, les stéréotypes ont la vie dure dans les rayons jouets et les catalogues publicitaire que consultent parfois frénétiquement les enfants avant d’écrire leur lettre au Grand Saint.

"Certaines enseignes ont des rayons jouets séparés pour les filles et pour les garçons. Dans les prospectus, on repère aussi des pages bleues et des pages roses, en fonction de la cible", s’indigne Fayza. Elle milite au sein du groupe des jeunes femmes de Vie Féminine à Mons. Le groupe a mené toute une réflexion autour du sexisme ordinaire. Et les jouets, ou du moins la manière dont ils sont présentés par le marketing, en font partie. "Quand on vend une dînette ou de mini-accessoires de ménage roses, on inculque aux petites filles qu’elles doivent se cantonner dans certains rôles", poursuit-elle.

Le groupe a d’ailleurs mené des actions à ce propos dans plusieurs magasins de jouets de la région. "Nous avons placé discrètement des petites languettes sur des boites de jouets dans les rayons. Sur ces languettes étaient rédigés des témoignages de parents expliquant que les jouets ne doivent pas être sexistes", explique Joy, une autre membre du groupe. Leurs cibles : les dînettes roses, les costumes de princesse, les jeux à consonance militaire…

Dans les catalogues de jouets, les garçons et les filles s’arrêtent sur les mêmes pages

Mais dans la vraie vie, loin des rayonnages rutilants des grandes surfaces, les enfants se laissent-ils vraiment influencer par tout ça? "C’est certainement le cas pour certains, mais je crois que c’est surtout lié à l’environnement familial. Dans les familles où les parents ont encore des rôles bien distincts, on sent que cela a une influence sur les enfants. C’est la même chose dans les familles où les parents se partagent les tâches", observe Christine Swinnnen. Elle enseigne à des enfants de première année primaire à l’école communale de Flénu. L’institutrice ne pense pas que la publicité influence déjà les enfants à cet âge: "Quand ils ont feuilleté les catalogues de jouets pour rédiger leur lettre à St Nicolas en classe, les garçons et les filles se sont arrêtés sur les mêmes pages".

La petite Tamina, nous confie ainsi qu’elle a demandé à recevoir un robot-dragon, "parce que j’aime bien les jeux de garçons". Dans le reste de la classe, les choix sont plutôt classiques, mais souvent mixtes: jeux vidéo, pâte à modeler… Les garçons ne voient pas de mal non plus à s’amuser avec des dînettes, des mini-ustensiles de nettoyage, voire avec les poupées de leur sœur ou de leur cousine. "C’est pour tout le monde!", clament-ils en chœur.

Et pour éviter de faire une quelconque distinction entre filles et garçons lorsque St Nicolas passera dans les classes, l’école a tranché: le cadeau sera une sortie au cinéma. De quoi mettre tout le monde d’accord.

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