Saint-Josse: l'église du Gesu occupée par une centaine de personnes

Ambiance de déménagement ce dimanche à l'église du Gesu Sacs, bureau, fauteuils, tables, tout le monde donne son petit coup de main même les enfants. Il faut dire que ce groupe d'une centaine de personnes en est à sa quatrième occupation, et qu'à force ils ont emmagasiné du mobilier.

"Le but c'est d'occuper en bon père de famille, comme on dit, et de vivre ici tranquillement, jusqu'à ce que le bâtiment soit de nouveau utilisé. Ce n'est pas du tout le cas maintenant, donc on partira quand ce sera nécessaire et on trouvera un autre bâtiment vide et ainsi de suite. J'espère qu'on pourra rester plus longtemps. Je pense que de toute façon il n'y a pas de travaux prévus pour demain, donc... " explique Manu Rabouin, qui dirige la manuvre.
L'église du Gesu est un bâtiment désacralisé qui e a été rachetée par un Suisse pour le transformer en hôtel. Mais deux associations bruxelloises ont déposé un recours au conseil d'Etat. Le projet est donc actuellement bloqué. Et selon Jean Demannez, le bourgmestre de Saint-Josse, cette occupation ne va rien arranger. "J'ai demandé pour qu'on trouve un autre lieu. Saint-Josse ne peut pas tout offrir, à tout le monde et manifestement tout le monde s'en fout. Et donc ils occupent les lieux et je ne sais pas ce que ça va donner. Ce sont des lieux privés, vous le savez, ce n'est pas la commune qui gère, ce sont bien des investisseurs suisses qui vont commencer tout doucement à se demander ce qu'ils font en Belgique, je pense."

Expulsion ou négociation

D'initiative, la commune ne peut rien faire, mais si le propriétaire l'exige, la police de Saint-Josse pourrait expulser les occupants.

Lundi, une négociation est en cours avec le propriétaire pour qu'elles puissent y demeurer jusqu'à au début des transformations des lieux.
"Parmi les sans-logis présents, certains sont sans papiers, d'autres sans revenus. Toutes les nationalités sont représentées: indienne, brésilienne, française, belge, suisse ou encore marocaine", explique Manu Rabouin de l'Union des locataires marolienne. "Il y a des enfants de 0 à 10 ans, des adultes, jeunes ou moins jeunes, des valides et des non-valides."

 

Geoffroy Fabré

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