RWDM-Union Saint-Gilloise, le derby des stades : qui étaient Edmond Machtens et Joseph Marien ?

Joseph Marien à gauche, Edmond Machtens à droite.
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Joseph Marien à gauche, Edmond Machtens à droite. - © Belga.

Le derby de la zwanze, c’est ce samedi à 20h45. La D1B va connaître un moment singulier de son calendrier avec la première rencontre officielle depuis les années 80 entre le RWDM et l’Union Saint-Gilloise. Un retour aux heures glorieuses du football bruxellois et une rivalité sans précédent incarnée par la pièce de théâtre "Bossemans et Coppenolle".

Le match se joue à Molenbeek, au stade Edmond Machtens, le stade du RWDM. Le 21 novembre prochain, place à la deuxième manche au stade Joseph Marien, le stade de l’Union Saint-Gilloise. Ces deux enceintes, au même titre que le stade Roi Baudouin (ex-stade du Heysel) et que le Lotto Park à Anderlecht (ex-stade Constant Vanden Stock, surnommé aussi le Parc Astrid, l’espace vert où se trouve l’enceinte) sont des hauts lieux du football de la capitale. Mais d’où vient leur nom ? Qui sont Edmond Machtens et Joseph Marien ? Et quelles sont les particularités de deux stades ?

Le stade Edmond Machtens

Le stade Edmond Machtens est situé avenue Charles Malis à Molenbeek. Charles Malis était d’ailleurs l’ancien nom du stade jusqu’en 1939, devenu Oscar Bossaert de 1939 à 1973. Oscar Bossaert, né en 1887 et décédé en 1956, était un amoureux du sport : tennis et football principalement. Dans les années 20, c’est un joueur emblématique du Daring club de Bruxelles (l’ancêtre du RWDM avant la fusion de 1973 avec le Racing White) dont le père a fait fortune dans le chocolat à la tête de la chocolaterie Victoria, à Koekelberg.

Après sa carrière de footballeur, Oscar Bossaert prend la présidence du club et la tête de l’entreprise Victoria. Et comme son père, il va devenir bourgmestre de Koekelberg jusqu’en 1956. C’est en 1939 que le stade prend le nom d’Oscar Bossaert.

En 1973, changement : place au stade Edmond Machtens. Qui est-il ? Né en 1902, Edmond Machtens a été ministre, sénateur et bourgmestre de Molenbeek en 1939. Il le reste jusqu’à son décès en 1978, soit après un peu moins de quarante de mayorat. Résistant pendant la guerre 39-45, figure locale mais aussi de toute agglomération bruxelloise, un geste fort est posé en 1979. Le stade communal prend son nom ainsi qu’un boulevard (l’avenue du Beekkant).

Le stade Edmond Machtens compte un peu plus de 12.000 places. Une tribune a été baptisée Baptiste l’Ecluse, entrepreneur et ami personnel d’Edmond Machtens, sponsor emblématique du RWDM à ses débuts. Baptiste l’Ecluse est décédé en 2005.

Une autre tribune se nomme Raymond Goethals, entraîneur belge décédé en 2004. "Raymond la science" avait débuté dans le football comme gardien du Daring. Le stade devrait également accueillir un musée dédié à celui qui a remporté la Ligue des champions avec l’Olympique de Marseille en 1993.

Le stade Edmond Machtens a accueilli plusieurs clubs : le Daring, on l’a dit, puis le RWDM avant sa faillite en 2002. Puis le FC Brussels (Strombeek) de Johan Vermeersch. En 2014, les Woluwéens du White Star arrivent au Machtens. Ils y restent jusqu’en 2017, année de la renaissance du RWDM qui prend possession des installations.

Le stade Joseph Marien

La Royale Union Saint-Gilloise ne joue pas sur le territoire de la commune de Saint-Gilles mais à Forest. C’est la première particularité de ce club qui y évolue depuis 1926. Autre particularité, c’est l’histoire et le cachet du site. Depuis le 11 février 2010, le stade que l’on doit à l’architecte Albert Callewaert est classé. Pas touche à la façade de style Art déco de 100 mètres composée de panneaux sculptés représentant les deux sports pratiqués par l’Union, le football et l’athlétisme.

La construction du stade remonte à 1915. Le club, plusieurs fois champion de Belgique entre 1904 et 1910 est une machine à gagner. Les spectateurs affluent. Mais son petit terrain de la rue de Forest est étroit. L’Union signe un accord avec la Donation royale pour ériger son nouveau terrain de jeu de 25.000 places dans le parc Duden. L’inauguration a lieu en 1919 lors d’un match contre Milan.

Les années 20, les dirigeants de l’USG se rendent compte que la capacité du stade ne suffit déjà plus. Le président Joseph Marien plaide pour un agrandissement et porter l’enceinte à plus de 30.000 places. Il faudra toutefois batailler avec la commune de Forest qui entend construire au même endroit son nouvel hôtel communal. L’Union finit par gagner le match et entame les travaux. La deuxième inauguration du stade a lieu en 1926 en présence du prince Charles de Belgique.

Le stade du Parc Duden va changer de nom en 1933 et devenir le stade Joseph Marien. Le président qui avait pris les rennes des Jaunes et Bleus en 1921 est décédé en février 1933, à 53 ans, soit au début de l’épopée de l'"Union 60", surnom donné à l’équipe après avoir enchaîné 60 rencontres sans défaite. Une stèle en son honneur se trouve dans le stade avec ce message "L’Union Saint-Gilloise, à son regretté président".

Le stade va également accueillir des rencontres des Diables rouges mais aussi servir de bases footballistiques pour les nazis, pendant la Deuxième guerre mondiale.

L’Union Saint-Gilloise ne connaîtra plus l’élite dès 1973 et évoluera dans les divisions inférieures. Le stade de la Butte (l’autre surnom) est laissé à l’abandon mais l’Union, elle, survit. En 2018, la Région bruxelloise finance pour quatre millions d’euros des travaux de rénovation pour répondre aux normes de la D1B, championnat dans lequel évolue l’équipe. Les communes de Forest et Saint-Gilles mettent aussi la main au portefeuille.

Nouvelles tribunes, nouvel éclairage, dispositif de sécurité, espaces VIP, nouveau fan-shop : l’écrin avec ses sièges jaunes et bleus a actuellement fière allure. Le stade propose désormais 5000 places assises et 3000 debout.

L’an dernier, le stade Joseph Marien a eu 100 ans.

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